La pièce En attendant Godot est une comédie tragique sur la vie et ses questionnements.
(Photo: Courtoisie)
Une pièce entre le burlesque et le drame
En attendant Godot
Pour s'attaquer au monument du théâtre que représente En attendant Godot de Samuel Beckett, l'une des pièces les plus importantes du 20e siècle, la metteure en scène Lorraine Côté a misé sur le jeu burlesque et la grande humanité des personnages.
En attendant Godot, deux vieux amis, Estragon et Vladimir, échangent sur la vie et l'humanité. Le premier a des problèmes de vessie, le second se déplace péniblement, tant il a mal aux pieds. Ils ne savent pas qu'ils sont les acteurs d'une tragédie sur les grands questionnements de l'existence.
«Ces deux êtres usés, fatigués, n'ont rien, ni passé, ni avenir. Ils n'ont que l'autre dans la vie. Si Dieu est présent dans cette pièce, il est dans cette amitié-là. Cette solidarité. Le grand mouvement dramatique, c'est que ce lien qui les unit est plus serré à la fin», affirme Lorraine Côté.
Jeu et décor
«Nous avons beaucoup travaillé sur la gestuelle clownesque, à construire des personnages indéfinissables, entre homme et femme. Ils s'articulent dans un décor de passerelles et de machinerie. Je ne voulais pas recréer le fameux petit chemin de campagne et l'arbre rabougri. Non, pour moi, l'arbre est énorme, comme un mât de chapiteau qui monte au ciel, là où mènent toutes nos questions existentielles», raconte la metteure en scène.
Une histoire de patience
Au début des années 1950, un Samuel Beckett pauvre désire améliorer sa fortune. Il élabore ce qu'il croit être une comédie légère. Une fois l'écriture d'En attendant Godot finie, son épouse sollicitera les directeurs de théâtre pendant quatre ans avant de trouver preneur. Le 23 janvier 1953, un théâtre sur le bord de la faillite, le Babylone, accorde sa chance à Beckett.
«C'était un auteur et un être humain formidable de générosité. Un érudit qui a livré avec génie un propos universel dans une pauvreté de vocabulaire d'à peine 400 mots», souligne Mme Côté, qui a fait appel aux comédiens Jacques Leblanc, Denise Gagnon, Jack Robitaille, Frédéric Bouffard et Jocelyn Pelletier.
Le décor est signé Christian Fontaine, les éclairages sont de Sonoyo Nishikawa, les costumes d'Isabelle Larivière et l'environnement sonore de Pascal Robitaille.
Cette production a obtenu le Prix de la Critique 2005-2006, ainsi que le Masque de la production «Québec» en 2006. Rappelons qu'une rencontre avec les comédiens suivra la présentation de la pièce.
Le public lavallois pourra voir «En attendant Godot» de Samuel Beckett, dans une mise en scène de Lorraine Côté, les 22 et 23 février, à 20h, à la Salle André-Mathieu (475, boulevard de l'Avenir). Information: 450 667-2040.
PHOTO DIGITALE Godot
(Photo: Courtoisie)