Les travaux du prolongement de l’autoroute 25 ont commencé alors que du 2 au 11 juin prochain se tiendra le procès entourant la légalité du décret gouvernemental.
(Photo: Martin Alarie)
Fichier: Travaux2
A-25: la Coalition songe à l’injonction
La mise en chantier du prolongement de l’autoroute 25 a fouetté la Coalition verte qui songe sérieusement à recourir à une demande d'injonction interlocutoire pour faire cesser immédiatement les travaux.
«Une décision sera prise en début de semaine», s'entendent pour dire André Porlier et Steven Guilbeault, respectivement du Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal et d'Équiterre. Ceux-ci qualifient de «téméraire, arrogante et d'irresponsable» la décision du gouvernement Charest de délivrer, le 14 février dernier, les certificats d'autorisation au moment où la cause est pendante devant les tribunaux.
«Ce jour-là, les procureurs du gouvernement rencontraient nos avocats pour convenir de la nouvelle date du procès qui aurait normalement dû s’ouvrir le 7 février», peste André Porlier.
Après avoir obtenu à deux jours de préavis le report du procès, en raison du congé médical de l’avocate au dossier, voilà que «le gouvernement cherche à nous placer devant un fait accompli en précipitant le début des travaux», et ce, sans égard au processus judiciaire en cours, déplore toujours le directeur général du CRE Montréal.
Procès en juin
À ce propos, M. Porlier rappelle que devant l’urgence de la situation, le tribunal avait accepté, à l’automne, de devancer de trois mois la tenue du procès entourant la légalité du décret gouvernemental, histoire d’entendre la cause avant le début des travaux. Ironiquement, le procès initialement prévu au mois de mai 2008 aura finalement lieu du 2 au 11 juin prochain.
Selon Greenpeace, il est d’autant plus important de laisser le pouvoir judiciaire agir en raison du caractère public que présente le parachèvement de l’autoroute 25. «Sinon, on a un problème sérieux au Québec», fait valoir Arthur Sandborn, responsable de la campagne Climat et Énergie de Greenpeace. «Si tous les PPP [Partenariats publics privés] échappent à la vigilance du Bureau d’audiences publiques en environnement [BAPE], on retourne 50 ans en arrière en terme d’évaluation de projets au Québec», termine-t-il. Rappelons que la démarche en justice qu’a entreprise la Coalition, le 30 mars 2006, vise justement à faire invalider les processus d'examen et de consultations menés en 2005, alors que ce n’est qu’en 2007 que le projet détaillé et l'identité du promoteur ont été rendus publics, insiste-t-on.
«Le gouvernement cherche à nous placer devant un fait accompli en précipitant le début des travaux»
-- André Porlier, CRE Montréal
(Photo: Martin Alarie)
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