Lors du Forum sur la démocratie et la gouvernance des commissions scolaires, il y a eu consensus sur la pertinence des commissions scolaires et l'élection des commissaires au suffrage universel.
(Photo: Martin Alarie)
Les commissions scolaires sont là pour rester
Forum sur la démocratie et la gouvernance
Selon la présidente de la Commission scolaire de Laval (CSDL), le Forum sur la démocratie et la gouvernance des commissions scolaires qui se tenait, à Québec, mercredi et jeudi, a permis de constater qu'il a un consensus concernant l'existence d'un gouvernement scolaire.
À la fin du Forum, la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, a d'ailleurs fait savoir «qu'il ne saurait être question d'abolir les commissions scolaires». Elle estime cependant que des changements doivent être apportés.
Sur le type de gouvernance à privilégier, Mme Courchesne a indiqué que deux options avaient émergé. D'une part, il y a la possibilité d'une gouvernance mixte impliquant des élus au suffrage universel et des commissaires désignés par les parents. D'autre part, il y a un modèle de «gouvernance élective renouvelée» impliquant des équipes proposant de véritables programmes électoraux. La ministre note qu'elle consultera le directeur général des élections, au cours de sa réflexion.
«Seuls l'ADQ et les deux associations des directeurs d'école sont opposés [à l'existence des commissions scolaires], rapporte Francine Charbonneau, présidente de la CSDL. C'est triste de les voir isolés dans cette pensée où les directeurs s'occuperaient de tout et les commissions scolaires ne seraient que des guichets automatiques.»
Selon la présidente de la CSDL, il ne faut pas évaluer la pertinence du gouvernement scolaire en se basant uniquement sur le taux de participation aux élections. «Au sein de la population, il y a un désintéressement de la politique scolaire et du scolaire en général. C'est ça qu'il faut travailler», croit-elle.
Pour la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), qui regroupe les enseignants de Laval, il n'est pas question d'abolir le gouvernement scolaire. «On reconnaît qu'il doit y avoir un gestionnaire régional. C'est impossible à gérer école par école», soutient Yves Parenteau, attaché de presse de la FAE.
Si les syndiqués n'ont pas encore statué sur la forme que devrait avoir la structure de gestion régionale (ils poursuivront le débat lors de leur congrès en juin), ils estiment que certains dossiers doivent relever d'un pouvoir central. La suppléance, le transport scolaire, les affectations de poste, le service de la paye, par exemple.
Ce qui semble évident pour les membres de la FAE, c'est que les commissions scolaires doivent s'assurer que les services éducatifs sont fournis avec équité. «La priorité est aux services à l'élève», insiste M. Parenteau.
Implication des parents
Dans son communiqué émis au terme de la rencontre de deux jours, la ministre Courchesne estime qu'il faut valoriser la contribution des parents. Sur cette question, Francine Charbonneau croit que la CSDL donne déjà une place intéressante aux parents, notamment en les consultant au moment de l'élaboration de différentes politiques.
À ceux qui demandent qu'il y ait davantage de parents siégeant à la table du conseil des commissaires, la présidente de la CSDL rappelle que la majorité de ses collègues commissaires sont des parents.
Comme le demandaient les commissaires de la CSDL dans le mémoire qu'ils ont déposé à la ministre il y a quelques semaines, Mme Courchesne juge qu'il faudra préciser la mission des commissions scolaires dans la Loi sur l'instruction publique et mieux définir les rôles et responsabilités des commissaires.
Plus de 250 participants ont pris part au Forum sur la démocratie et la gouvernance des commissions scolaires. Ce forum s'inscrit dans la foulée de la réflexion entreprise à l'automne par la ministre de l'Éducation.