Angles d’attaque
Alors qu’un sommet sur le terrorisme mondial s’amorce en Espagne, le président américain est victime d’une tentative d’assassinat. Le film présente l’incident selon le point de vue respectif de cinq personnes, dont celui de Thomas Barnes et Kent Taylor, deux agents secrets chargés d’assurer la sécurité du président.
L’idée n’est pas nouvelle. Plusieurs cinéastes ont en effet tenté de raconter une histoire selon différents points de vue. De l’étonnant Rashômon d’Akira Kurosawa (1950) au très quelconque Snake Eyes de Brian De Palma (1998), le résultat fut de tout temps des plus variables. Malheureusement pour nous, Vantage Point se rapproche davantage du second que du premier.
Tentant sans vergogne de capitaliser sur le succès de la série télévisée 24 – ayant elle aussi comme thème la lutte au terrorisme – Vantage Point bascule malheureusement dans un délire d’effets de caméras et de montage. Une façon malhabile de faire durer le suspense d’une histoire somme toute banale. Il est en effet permis de se demander pourquoi parsemer les quatre premiers segments du film d’indices quand le dernier contient à lui seul toutes les réponses…
Que reste-t-il alors au film? Hormis la présence de Dennis Quaid – un acteur fascinant malgré que les rôles pour lesquels il est employé ne soient que trop peu souvent à la hauteur de son talent –, tout simplement rien. On se surprend d’ailleurs de la maigreur des personnages campés par Sigourney Weaver et William Hurt.
Au final, Vantage Point confirme une fois encore ce que plusieurs savent déjà. À savoir que les films hollywoodiens de plus en plus bâclés font de nos jours rarement le poids face aux meilleures séries télévisées.
Vantage Point – États-Unis, 2008 – de Pete Travis avec Dennis Quaid et Matthew Fox. (90 minutes) 5/10
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