Steven Guilbeault, André Porler et Arthur Sandborn adressent une requête d'injonction interlocutoire provisoire en Cour supérieure pour faire cesser immédiatement les travaux du pont de l'autoroute 25.
(Photo: Marc-André Ménard)
A-25: la Coalition verte met ses menaces à exécution
Elle dépose une demande d'injonction en Cour supérieure
Aux grands maux les grands moyens, la Coalition verte annonçait, ce mercredi matin, qu'elle adresserait à la Cour supérieure une demande d'injonction afin de faire cesser immédiatement les travaux de construction du pont dans l'est, lesquels ont débuté en rive lavalloise le 20 février dernier.
«Une demande d'injonction interlocutoire provisoire visant à empêcher tout dommage à l'environnement aquatique et naturel devrait être déposée dans les prochains jours par notre avocat, Me Franklin Gertler», a déclaré en conférence de presse André Porlier, directeur général du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal. Il estime que la Cour tranchera d'ici la première semaine du mois de mars.
Financement
Amorcée au printemps 2006, cette saga juridique a coûté à ce jour quelque 50 000 $ aux trois groupes écologistes derrière la Coalition. «Pour aider à financer la présente démarche et le procès à venir, nous lançons une campagne de financement sous le slogan "Donnez 25 $ contre la 25" et invitons les citoyens à faire leur don en ligne», informe Steven Guilbeault, porte-parole d'Équiterre.
Que la requête d'injonction soit jugée recevable ou pas, le procès cherchant à invalider le décret gouvernemental autorisant le prolongement de l'autoroute 25 s'ouvrira le 2 juin prochain.
Série d'événements
Les récents événements qui se sont bousculés ces trois dernières semaines tendent à démontrer la «légitimité de notre cause», prétend M. Porlier.
Il fait référence au report du procès à deux jours de préavis, après que le gouvernement eut, le 5 février, justifié sa demande en évoquant le congé médical de l'avocate au dossier. Neuf jours plus tard, le ministère de l'Environnement délivrait le certificat d'autorisation, donnant ainsi le feu vert au partenaire privé pour entamer la construction. «Là, on se dépêche», enchaîne Arthur Sandborn, porte-parole de Greenpeace, soulignant que «les travaux devaient normalement débuter en avril».
À contre-courant
Se disant «profondément désolé et déçu» de la tournure des événements, Steven Guilbeault soutient qu'à «l'ère de Kyoto et de l'urgence d'agir pour lutter contre les changements climatiques, les énergies de chacun devraient plutôt être canalisées pour faire avancer des projets, et non pour défendre nos acquis».
Les acquis dont il parle, c'est la loi québécoise sur la protection de l'environnement. «C'est parce que le gouvernement et sa ministre de l'Environnement ont décidé de ne pas défendre leur loi, que nous avons décidé de le faire à leur place», poursuit-il du même souffle.
Son partenaire de Greenpeace avait signifié, plus tôt, que c'est le fondement même du processus de consultation publique du BAPE qui est ici remis en cause. «On ne peut pas soustraire le promoteur et le projet de l'évaluation environnementale et des consultations, comme ce fut le cas lors des audiences sur le prolongement de l'autoroute 25», insiste Arthur Sandborn qui en conteste la légalité. Le danger, c'est que «cette procédure-là pourrait devenir la règle», s'inquiète M. Guilbeault, ajoutant que cela compromettrait la capacité de bien connaître et cerner les réels impacts environnementaux des futurs projets à l'étude. Les organismes Greenpeace, Équiterre et CRE-Montréal qui acceptent les dons en ligne sur leur site Web respectif s'apprêtent à lancer le site
www.25contrela25.org.