Policier blâmé
Un homme de race noire prétend que le policier a tenu des propos injurieux à son égard
Considérant avoir été victime de propos injurieux de la part d'un agent de la police de Laval, un homme de race noire a décidé de porter plainte, dans une affaire impliquant des versions complètement différentes. Résultat: le policier vient d'être blâmé et suspendu pour 13 jours par le comité de déontologie.
Selon les dires du plaignant, l'agent de police aurait fait usage d'un langage injurieux à son endroit en s'en prenant notamment à sa race et à sa couleur, et l'aurait soupçonné trop rapidement de conduire un véhicule volé.
Quant au policier, il affirme que c'est l'attitude générale du conducteur qui pouvait laisser croire que le véhicule était volé et que jamais il n'a tenu de propos injurieux à son égard.
Les faits remontent au 13 août 2006, alors que le plaignant revenait d'une partie de soccer à bord d'une voiture de marque Dodge Néon, accompagné de deux amis, aussi de race noire.
Au cours de leur trajet, les trois hommes ont été interceptés par une auto-patrouille de la police de Laval, puisque ce type de véhicule avait été rapporté volé à une soixantaine de reprises, en 2006. Lorsque le policier est venu à la rencontre du conducteur, ce dernier lui a remis son permis de conduire ainsi que le certificat d'enregistrement. Après coup, le policier aurait demandé si le véhicule lui appartenait, ce qui n'était pas le cas, puisqu'il avait été emprunté. Estimant que l'attitude du conducteur était plutôt louche, puisqu'il ne le regardait jamais et que les passagers étaient très silencieux, il aurait alors saisi les clés de la voiture.
Selon le conducteur, l'agent Franco lui aurait alors dit: «Tu veux me niaiser? On finit à minuit. On va faire du temps supplémentaire.» L'agent de police nie avoir tenu ces propos.
C'est toutefois lorsqu'il est retourné vers son véhicule de patrouille que les trois occupants de la voiture auraient entendu l'agent Franco tenir des propos injurieux.
Sur le coup, le plaignant aurait alors avisé le policier qu'il avait très bien entendu ce qu'il venait de dire, et de bien le regarder car il allait le revoir.
Ce n'est qu'une quinzaine de jours plus tard qu'il est finalement passé de la parole aux actes, en portant plainte contre l'agent de police.
Déontologie
Devant le comité de déontologie policière, l'agent Franco a souligné que c'est l'attitude générale du conducteur qui l'a mené à soupçonner que le véhicule était volé, et a complètement nié les propos qui lui son imputés. L'autre agent de police qui était sur les lieux, lors de l'événement, a lui aussi affirmé n'avoir jamais entendu son collègue tenir de tels propos.
Estimant tout de même que la conduite de l'agent de police a constitué un acte dérogatoire à un article du Code de déontologie policière, le comité de déontologie policière dit considérer qu'il «a agi de mauvaise foi.»
Le 22 février, le comité a décidé de suspendre l'agent de police pour 13 jours.
Du côté de la police de Laval, on affirme faire confiance au travail du comité de déontologie policière, et on préfère ne pas commenter l'affaire.
L'agent Franco a complètement nié les propos qui lui son imputés.