Serge Ménard, député bloquiste de Marc-Aurèle-Fortin.
(Photo: Martin Alarie)
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Un budget conservateur à saveur libéral
Serge Ménard et Raymonde Folco analysent le budget Flaherty
«C'est un budget libéral, en moins bien.»
C'est l'analyse que la députée libérale de Laval-Les Îles, Raymonde Folco, fait du budget déposé par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, en début de semaine. La députée estime que plusieurs éléments du budget sont des idées proposé par son chef Stéphane Dion, au cours des derniers mois. «Ce sont les idées de M. Dion et les conservateurs y ont ajouté leur eau. Ça nous fait plaisir de constater que nos idées sont acceptées, mais il y a beaucoup d'eau dans le vin», juge-t-elle.
Pour Serge Ménard, député bloquiste de Marc-Aurèle-Fortin, le budget Flaherty «démontre les différences de conception entre les conservateurs et le Québec». Selon lui, le budget témoigne du peu de pouvoir que détiennent les ministres québécois au sein du cabinet par rapport à leurs collègues de l'Ontario et de l'Ouest. Le député du Bloc québécois déplore que les programmes qui permettront de répondre à certains problèmes du Québec, notamment la crise forestière, s'appliquent à tout le pays. De cette façon, la Belle Province ne pourra toucher que 25% des sommes disponibles alors que des programmes spécifiques ont été annoncés pour répondre aux demandes de l'Ouest et de l'Ontario. «On sera toujours en état de minorité», observe M. Ménard.
Caisse d'assurance-emploi
S'il est satisfait que le gouvernement retienne la proposition du Bloc de créer une caisse autonome pour l'assurance-emploi, Serge Ménard regrette que celui-ci conserve les profits actuels du programme. «C'est l'argent des travailleurs», rappelle-t-il en ajoutant qu'une partie de ces sommes devraient aller aux programmes pour les travailleurs âgés qui perdent leur emploi sans être admissibles à la retraite.
Pour Mme Folco, ce qui pourrait sembler une bonne idée a un défaut. «Il s'agit d'une caisse fermée. Une fois que le gouvernement aura mis un montant initial, il n'en remettra plus. Si jamais il y avait une catastrophe économique entraînant beaucoup de chômage, que se passera-t-il?», demande-t-elle.
Tous deux font d'ailleurs remarquer qu'il faut envisager une récession au Canada vu la situation économique du côté des États-Unis.
CÉLI
Le budget de mardi a vu naître un nouvel acronyme, le CÉLI, le Compte d'épargne libre d'impôt. Les deux députés estiment que cet outil d'épargne ne conviendra qu'aux personnes les plus aisées. «Pendant que les gens sont à élever leurs enfants, ils ont un budget serré. Ils ont déjà de la difficulté à cotiser à leur REER», constate M. Ménard.
Raymonde Folco estime pour sa part que le CÉLI ne répond pas aux besoins de la majorité de la population.
Vote
Lorsqu'on lui demande quelle position adoptera les députés libéraux au moment du vote final qui devrait avoir lieu mardi, Mme Folco indique «qu'il est clair [qu'ils] ne voteront pas contre. Je ne sais toutefois pas si tous voteront pour», confie-t-elle.
Que disent ses commettants des prises de positions libérales des dernières semaines qui ont permis aux conservateurs de rester au pouvoir? «Les gens me disent qu'ils ne veulent pas d'une élection qui coûtera 300M$ à 350M$ aux Canadiens. Si l'issue est un autre gouvernement minoritaire, ils se demandent ce que ça donnerait d'aller en élection», répond Raymonde Folco.
Selon elle, le Parti conservateur ne veut pas d'élection. Dans le cas contraire, il aurait présenté un budget beaucoup plus dur. «Les conservateurs ont pris beaucoup d'idées du Parti libéral, ils l'ont fait pour que les libéraux votent pour. Ils nous ont mis dans cette position», soutient-elle en ajoutant que son parti veut choisir le moment où il défera le gouvernement.
Serge Ménard fait une autre analyse de la joute politique qui se déroule sur les banquettes de la Chambre des communes. Il estime que les députés libéraux retiennent leur chef parce que la caisse du parti n'est pas assez garnie pour partir en campagne électorale. «Stéphane Dion aurait intérêt à faire une campagne parce que ça a un effet mobilisateur sur les troupes», dit-il.
Il semblerait que le Bloc est prêt à partir en campagne électorale. «Nous sommes donc libres au moment de voter», conclut le député de Marc-Aurèle-Fortin.
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