Raymond Corriveau, président du Conseil de presse du Québec.
(Photo: Martin Alarie)
Fichier: Corriveau
Le Conseil de presse à Laval: un rendez-vous manqué
Le seul participant présent… provenait de Blainville!
Contrairement aux audiences publiques tenues précédemment à Trois-Rivières, Sherbrooke, Drummondville, St-Jérôme et au Mont-Tremblant, la première tournée des régions du Conseil de presse du Québec n’a suscité aucun intérêt auprès des Lavallois.
Les représentants des groupes socioéconomiques de la région tout comme les citoyens brillaient par leur absence, jeudi, ratant une belle occasion de participer au débat public sur la liberté de presse et le droit du public à une information de qualité.
Faute d’intérêt, le forum prévu en après-midi avec les organismes du milieu a été tout simplement annulé, alors que l’assemblée publique en début de soirée s’est tenue en présence d’un seul et unique participant. Et vous savez quoi? Ce brave homme ne résidait même pas à Laval, mais provenait plutôt de Blainville! Enseignant de 66 ans, Jean-Guy Bourgeois a ainsi eu droit à une audience privée en présence du président et de la secrétaire général du Conseil de presse du Québec, Raymond Corriveau et Nathalie Verge.
Confusion des genres
Critique face au travail des journalistes, M. Bourgeois avait certaines récriminations à formuler à la direction de l’organisme qui agit comme protecteur du citoyen en matière d’information.
Parmi celle-ci, la confusion des genres journalistiques, notamment dans les médias électroniques où on n’arrive plus à distinguer l’information de l’analyse et du commentaire, observe-t-il. Il souhaiterait que les professionnels de l’information soient plus facilement identifiables de manière à ce que le public puisse être en mesure de juger de la nature de l’information qu’il reçoit.
Bien qu’il se dise satisfait dans l’ensemble de la qualité de l’information diffusée au Québec, Jean-Guy Bourgeois estime que les journalistes et les médias d’information gagneraient en crédibilité s’ils étaient plus critiques en regard de leur travail, s’ils reconnaissaient davantage leurs erreurs et s’ils acceptaient plus facilement la critique.
Le citoyen n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler la perception qu’ont les Québécois à l’égard de la profession, la cote de confiance envers les journalistes laissant à désirer.
Protection des sources
Il a également exprimé une sérieuse réserve quant à la protection des sources et du matériel journalistiques, jugeant que cela conférerait à la presse un pouvoir trop puissant qui pourrait être utilisé à mauvais escient.
Une opinion que ne partage évidemment pas le Conseil de presse du Québec qui appuyait publiquement, en 2007, ce projet de loi déposée aux Communes. À cet égard, le président Raymond Corriveau a rappelé que la confidentialité des sources d’information des médias et des journalistes était essentielle à la liberté de la presse et qu’elle devait être protégée afin de garantir au public une information complète sur toute question d’intérêt public.
Tribunal d’honneur
Lieu de réflexion et de débat permanent sur la déontologie journalistique, le Conseil de presse du Québec exerce un rôle de tribunal d’honneur dans tout différend relatif à l’honnêteté et à l’exactitude de l’information, à son libre accès et à sa libre circulation.
Quiconque estime être victime ou témoin d’une atteinte à la liberté de la presse ou au droit du public à l’information peut, sans frais, soumettre une plainte au Conseil de presse. Formé de quatre membres du public, de deux journalistes et de deux patrons de presse, le Comité des plaintes et de l’éthique de l’information analyse les plaintes et rend une décision.
En 2006-2007, 139 dossiers ont été traités dont 98 plaintes, alors que pour la première fois depuis la création du Conseil de presse du Québec, les plaintes retenues ou partiellement retenues furent plus nombreuses que celles qui furent rejetées par le Conseil.
Malgré qu’il ne possède aucun pouvoir judiciaire, règlementaire ou coercitif, la rigueur de ses interventions et la confiance et l’appui que lui reconnaissent les médias et le public confèrent au Conseil de presse une autorité indéniable.
(Photo: Martin Alarie)
Fichier: Corriveau