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Les poissons influencent l'échéancier des travaux

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 10 mars 2008 à 8:47
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Les poissons influencent l'échéancier des travaux
Les travaux dans le littoral seront suspendus du 1er avril au 1er août, afin de respecter la période de frai. (Photo: Martin Alarie)
Construction du pont de l'A-25
Les poissons influencent l'échéancier des travaux
À partir d'avril, les travaux dans le littoral de la rivière des Prairies, amorcés cette semaine, seront interdits. La période de frai des poissons qui peuplent la rivière s'ajoute à la pression des environnementalistes, pour le promoteur engagé dans une course contre la montre.
«L'échéancier de travail est serré», admet France Bouffard, porte-parole de Concession A-25, le partenaire du gouvernement qui réalise les travaux. Le certificat d'autorisation délivré le 14 février par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs et un nouveau certificat, émis le 25 février, ont permis au promoteur de procéder à tous les travaux préparatoires à la construction des deux pylônes soutenant la travée, du côté de Laval.

Pêches et Océans Canada délivrait lui aussi une autorisation, cette semaine, qui donnait le feu vert à la construction des pylônes eux-mêmes, dans le littoral. «L’essentiel des travaux à réaliser avant le 1er avril consiste en l’aménagement de la jetée temporaire du côté de Laval et la construction des fondations du pylône 11, soit le pylône situé le plus près de la rive de Laval», explique Mme Bouffard

Concession A-25 doit respecter la période d'interdiction prévue entre le 1er avril et le 1er août. Cette condition est stipulée dans le décret gouvernemental adopté en décembre 2005, donnant le feu vert au prolongement de l'autoroute 25. Elle vise à protéger l'habitat de nombreux poissons qui fraient et croissent à l'endroit où sera érigé le pont.
Pourquoi se précipiter?
«Cela a un impact, le promoteur essaie d'aller le plus vite possible», estime André Porlier, directeur du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal, qui fait partie de la coalition contre le prolongement de l'A-25.

La Coalition sera entendue d'ici le milieu de la semaine par la Cour supérieure, relativement à l'injonction qu'elle a sollicitée, pour faire suspendre les travaux.

«Pourquoi précipiter les choses?» demande M. Porlier, qui craint que les travaux en cours ne causent des dommages inutiles à l'environnement, si le tribunal tranche en faveur de la Coalition, dans un procès qui aura lieu en juin. Les verts tenteront alors de faire invalider le décret gouvernemental.
L'esturgeon jaune
Les pylônes de la future structure avoisineront une fosse naturelle au fond de l'eau, située à quelque 25 mètres de la rive lavalloise. Cette dépression constitue une aire d'abris et d'alimentation pour l'esturgeon jaune, une espèce menacée. Cette fosse est située en aval d'une frayère importante, localisée au pied de la centrale hydroélectrique Rivière-des-Prairies.

La présence de la fosse a justifié la demande du gouvernement fédéral de modifier le concept architectural du pont de la 25. Résultat: la structure comportera une longue travée suspendue entre deux pylônes, du côté de Laval. «La distance entre les deux [pylônes] est d’environ 280 mètres et a pour but principal de protéger adéquatement la fosse à esturgeons, explique France Bouffard. Cela était une condition à remplir dès l’étape de l’appel de propositions.»
Questions sans réponse
Les travaux effectués dans le littoral lavallois de la rivière des Prairies ont fait l'objet d'une évaluation environnementale, en vertu de la Loi sur les Pêches. Le processus a abouti, mardi, à l'octroi d'une autorisation fédérale.

Dans le long processus, amorcé au printemps 2005, le gouvernement fédéral a formulé une longue liste de questions. Certaines d'entre elles sont éludées par le ministère des Transports du Québec (MTQ), dans un document soumis à Pêches et Océans Canada à l'automne 2007 dont le CRE de Montréal a obtenu copie en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Aux questions portant sur la méthode de travail sur le terrain, notamment, le Ministère ne fournit pas de détails, indiquant que «définir un projet précis aurait contraint le futur partenaire privé et le limiter [sic] dans sa créativité».

«On a posé des questions, on a reçu les réponses au fur et à mesure. Si on a émis l'autorisation, c'est qu'on a eu toutes les explications requises», fait valoir

Alain Guitard, chef d'équipe par intérim chargé des dossiers relatifs aux traversées des cours d'eau, à Pêches et Océans Canada.
Perte à Laval, gain à Joliette
Les autorisations délivrées par le gouvernement fédéral en vertu de la Loi sur les Pêches permettent la perte ou la perturbation de l'habitat du poisson. Afin de compenser les pertes d'habitat de l'esturgeon jaune entraînées par la construction du pont à Laval, des travaux de compensation ont déjà été réalisés par Transports Québec, dans la rivière Ouareau, près de Joliette. Cette rivière est également pourvue d'une frayère pour l'esturgeon. Le promoteur est responsable d'assurer un suivi et de démontrer que les mesures prises portent leurs fruits.

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