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Les adieux d’Élizabeth 1ère

par Benoit LeBlanc
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Article mis en ligne le 13 mars 2008 à 14:36
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Les adieux d’Élizabeth 1ère
Dans Élizabeth, roi d'Angleterre, René Richard Cyr mise sur la richesse du texte et la qualité des acteurs. (Photo: Courtoisie)
Les adieux d’Élizabeth 1ère
Avec Élizabeth, roi d'Angleterre, l'auteur britannique Timothy Findley raconte une cérémonie des adieux, conjuguant à la fois sérénité et trouble amoureux.
Avec les figures dominantes d'Élizabeth 1ère et de William Shakespeare, la pièce aurait pu s'intituler «la reine et son dramaturge». Pour Élizabeth, c'est le drame insensé. Demain, son amant sera pendu sur ses ordres. Pour Shakespeare, c'est le crépuscule d'un écrivain illustre, habité par l'urgence de terminer sa prochaine œuvre Antoine et Cléopâtre.

Entre histoire inventée et événement réel, Timothy Findley fixe toute l'action en une seule nuit. La reine a demandé à la troupe de Shakespeare de se produire, question d'oublier le châtiment prévu pour le petit matin. Elle vient retrouver ces saltimbanques dans les écuries qu'ils occupent en tant que loges. Sans se départir de sa couronne, elle leur ordonne de converser librement, de ne considérer que la femme en elle.

«C'est une pièce qui célèbre la fin des choses avec une certaine sérénité. Une œuvre tellement riche de sens, avec la solitude de la royauté, la maladie de l'acteur vedette, Ned, l'humanisme profond de Shakespeare, que je ne pouvais que miser sur cette pluralité de tons», indique René Richard Cyr, qui assume la mise en scène.
L'œuvre est si belle que René Richard Cyr n'a pu y résister. Il s'est donné le rôle de Ned, l'acteur favori et vieillissant. «En vieillissant, on a envie de se faire peur!» confie celui qui a relevé le défi avec une belle sensibilité, dans cette distribution hors pair, comprenant entre autres l'impressionnante et bien seule Marie-Thérèse Fortin, le sobre Jean-François Casabonne, ainsi qu'Adèle Reinhardt, Roger La Rue, Éric Patlhus et Benoît Dagenais.
«La pièce comporte des répliques si fortes, c'est tout un argumentaire où de nombreux personnages se demandent: comment dit-on adieu?» souligne-t-il.

Si le texte est savoureux, dans ces duels qui se succèdent, les acteurs faisant le point sur leur travail et leur vie en général, les silences sont d'autant plus précieux. Souvent, le spectateur croit assister à de véritables reconstitutions de tableaux d'époque, bien dépeint par les éclairages d'Étienne Boucher et les costumes de François Barbeau.

Tout un esprit habite ces silences. De ceux qui précèdent le glas. Ou l'amour.
La pièce «Élizabeth, roi d'Angleterre», de Timothy Findley, mise en scène par René Richard Cyr, est présentée le 18 mars, 20h, à la Salle André-Mathieu (475, boul. de l'Avenir). Information: 450 667-2040.

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