Développement commercial
Le leadership entre les mains des promoteurs
Selon le directeur de l’Institut d’urbanisme à l’Université de Montréal, les élus municipaux ne joueraient pas un rôle très actif en matière d’urbanisation commerciale. «Ils sont plutôt accueillants qu’aux commandes», tranche Gérard Beaudet.
Il est d’avis que le processus décisionnel et le leadership sont entre les mains des promoteurs. «Ils ont le gros bout du bâton et ce n'est pas juste à Laval, c’est partout pareil», insiste-t-il.
Ce qui serait collectivement souhaitable n’est pas nécessairement rentable pour le secteur privé. Par exemple, il est difficile de faire vivre des commerces sur plusieurs niveaux, ce qui expliquerait le choix du promoteur immobilier torontois KingSett Capital de déployer quelque 350 000 pieds carrés d'espace locatif sur un seul plancher, à seulement quelques pas de la station de métro Montmorency.
«Pour faire émerger des centralités urbaines plus denses avec plus de mixité, il faudrait les restreindre ailleurs», avance Gérard Beaudet qui souhaiterait qu’on cesse de laisser libre cours aux lois du marché, lesquelles accentuent exagérément l’étalement urbain.
Le seul moyen d’agir en ce sens serait d’intervenir à l’échelle métropolitaine, enchaîne-t-il. «Le problème, c’est que les territorialités de l’offre commerciale excèdent le découpage administratif municipal. On fait exactement comme on faisait dans le temps quand on faisait chanter le village par rapport à la paroisse, à la différence près que maintenant, on fait chanter la ville par rapport à sa voisine.»