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Enfant de Sainte-Rose, rebelle de l'art

Marcel Saint-Pierre à la Salle Alfred-Pellan

par Benoit LeBlanc
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Article mis en ligne le 28 mars 2008 à 13:23
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Enfant de Sainte-Rose, rebelle de l'art
Quand ses parents sont venus s'installer à Laval-des-Rapides, avant de déménager à Sainte-Rose, Marcel Saint-Pierre ne savait encore qu'il allait marquer, à sa manière, son appartenance à la grande famille des peintres de ce quartier lavallois. (Photo: Martin Alarie)
Enfant de Sainte-Rose, rebelle de l'art
Marcel Saint-Pierre à la Salle Alfred-Pellan
Quand ses parents sont venus s'installer à Laval-des-Rapides, avant de déménager à Sainte-Rose, Marcel Saint-Pierre ne savait encore qu'il allait marquer, à sa manière, son appartenance à la grande famille des peintres de ce quartier lavallois.
Marc-Aurèle Fortin, Alfred Pellan, il les a admirés. Giuseppe Fiore a été son voisin. Il a visité Sylva Daoust dans son atelier. Il a traversé la rivière pour saluer Adrien Hébert, qui peint sur son île. «J'ai longtemps travaillé à rejeter tout cet héritage. À mes premières années, il n'était pas question de paysage! Mais là, j'apprivoise mieux cette histoire», affirme l'enfant rebelle en art visuel.

Avec l'exposition Marcel Saint-Pierre, de la matière à la pensée présentée actuellement à la Salle Alfred-Pellan, l'artiste trace le bilan de ses dix dernières années de production. Le visiteur peut retrouver une trentaine d'œuvres, en plus d'un film et d'un catalogue, consacrés au parcours de l'artiste, qui expose depuis 1975.
Maison tricentenaire
En visionnant la vidéo, les regards les plus perçants pourront reconnaître certains coins familiers, dont l'île Darling. On y voit aussi la superbe maison patrimoniale que l'artiste a acquise en 1976. «L'acte de la maison date de 1740. Elle figure dans les cadastres, après la conquête anglaise. Tous les vieux du village me disent que Fortin l'a peinte, mais je n'ai jamais retrouvé l'œuvre. Je compte bien la trouver un de ces jours», raconte-t-il.
Refuge
En se promenant parmi l'exposition, certaines séries peuvent être liées à ses racines. «Dans ses Oeuvres parisiennes, nous avons l'impression de formes aquatiques qui flottent. L'enfant de Sainte-Rose s'ennuie-t-il de ses rivières? Il y a un retour de la nature dans ses œuvres. Une nature transformée. C'est un propos écologique qui représente plus une réalité qu'une idéologie», affirme d'ailleurs Anite de Carvalho, commissaire de l'exposition.
Cette sensibilité envers la question environnementale est très présente dans les séries Déversements et Refuges. Cette dernière peut témoigner de ces îlots dispersés sur la rivière des Mille-Îles, dont l'artiste peut admirer les envolées de hérons.

«À Sainte-Rose, j'ai toujours un plan d'eau sous les yeux. Mais ce qui m'intéresse, c'est le signe avant tout. Il ne faut jamais oublier que la peinture, c'est de la pensée qu'on peut voir. Peindre, c'est réfléchir d'une autre manière», note celui qui utilise fréquemment différents types de vernis et autres matériaux, bois, toile, métal.
Reconnaissance
«Je suis content de l'invitation de la Salle Pellan. C'est une certaine reconnaissance de mon œuvre et de mon implication dans l'art visuel à Laval, notamment à la Galerie Verticale.»
Le peintre, poète et historien de l'art aimerait maintenant organiser une exposition liant le travail de Marc-Aurèle Fortin à celui des frères Hébert. «Ou juste des Hébert. Ces peintres ont aussi créé en dehors du folklore, avec une touche qui crée l'espace. Ils ont peint Venise, certains rappellent Cézanne», rêve-t-il, les yeux tournés vers ses œuvres.
Rappelons qu'on peut retrouver une œuvre de Marcel Saint-Pierre au CLSC de Sainte-Rose. Bientôt, ce seront les murs de l'Institut national de recherche scientifique.
L'exposition «Marcel Saint-Pierre, de la matière à la pensée» est présentée jusqu'au 20 avril à la Salle Alfred-Pellan, Maison des arts de Laval (1395, boul. de la Concorde Ouest). Visite: du mardi au dimanche, de 13h à 17h, et le vendredi de 9h à 12h et de 13h à 20h. Information: 450 662-4440.



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