Les technologies et leurs coûts
Deux études commandées par la CMM identifient les meilleures pratiques pour la valorisation du sac vert. En attendant les résultats d'une autre étude, en voie d'être réalisée pour Laval et la Couronne nord, voici un aperçu des options technologiques disponibles.
La firme SNC-Lavalin/Solinov et le centre de recherche CIRAIG ont hérité du mandat confié par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), en 2006. L'étude portait sur les technologies de récupération des matières organiques, mais également sur les résidus ultimes, c'est-à-dire le reste des ordures, qu'on ne peut valoriser, après le recyclage, le compostage et la récupération des résidus domestiques dangereux.
Déchets et énergie
Laval, comme les autres villes de la CMM, aura donc à choisir une technologie pour valoriser ses déchets de table et une autre pour ses résidus ultimes.
La municipalité évalue la digestion anaérobie pour le traitement de ses déchets organiques. Pour les déchets ultimes, les avenues de l'incinération ou de la gazéification sont examinées. Dans les deux cas, l'énergie sous forme de gaz ou de chaleur peut être récupérée.
Selon les conclusions des études de la CMM, le compostage des déchets putrescibles en usine fermée supplante le compostage extérieur (en andains), parce qu'il réduit les odeurs et attire moins les oiseaux.
Selon l'étude de SNC-Lavalin, la digestion anaérobie, qui est une forme de compostage en usine fermée, réduit les émissions de gaz à effet de serre, parce qu'elle permet de récupérer des biogaz, substituables aux énergies non renouvelables, comme le gaz naturel ou le pétrole. Le biogaz peut notamment se convertir en électricité, en carburant automobile ou être injecté dans une canalisation de gaz naturel.
La gazéification est plus onéreuse que l'incinération, mais à long terme, elle est la solution la plus durable pour les résidus ultimes, notamment parce qu'elle ne génère pas de cendres qu'il faut enfouir, plaide SNC-Lavalin.
Les coûts d'immobilisation d'une installation de digestion anaérobie avoisinent les 30 M$. Ils se situent entre 110 M$ et 115 M$ pour l'incinération. La gazéification implique des investissements de 252 M$ ou 175 M$, selon qu'on produit de l'électricité à l'usine à l'aide du syngaz généré par le procédé, ou qu'on vend celui-ci tel quel.
L'heure des choix
Selon un sondage effectué pour le compte de la CMM en décembre 2007, 86% des citoyens de Laval sont en faveur de la transformation des ordures en énergie par incinération ou gazéification.
L'étude commandée par Laval et la Couronne nord visera notamment à établir le bilan d'émissions de gaz à effet de serre (GES) des différentes technologies examinées.
«Dans l'ensemble des coûts de l'étude de SNC Lavalin, il manquait une colonne, pour les GES», soulignait le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, lors d'une entrevue réalisée en février dernier par le Courrier Laval. Les émissions de GES constitueront un critère central, lors du choix d'une technologie, avait-il affirmé.(N.V.)
> Valorisation à Laval
> 30% des matières recyclables en 2006. Une proportion que l'administration municipale croit pouvoir gonfler rapidement, avec l'arrivée du nouveau bac de 240 litres, et l'étendue de la collecte aux édifices de huit logements et plus.
> 64% des déchets organiques, en 2007, chez les 6000 ménages lavallois desservis par la collecte à trois voies ― ordures, matières recyclables et matières putrescibles.
Les objectifs québécois pour 2008:
> 65% de l'ensemble des matières résiduelles qui peuvent être valorisées
> 60% des matières putrescibles (résidus verts et alimentaires)
Source: Ville de Laval et ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs