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Le maître-d'œuvre blâmé par la CSST

Mort en chantier d'Alain Goyette

par Alexandra Roy
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Article mis en ligne le 3 mars 2008 à 11:09
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Le maître-d'œuvre blâmé par la CSST
C'est sur ce chantier de construction qu'Alain Goyette, serrurier en bâtiments, a perdu la vie en juin 2007, alors que la plateforme élévatrice sur laquelle il prenait place s'est effondrée. (Photo d’archives -- Martin Alarie)
Le maître-d'œuvre blâmé par la CSST
Mort en chantier d'Alain Goyette
Une gestion déficiente de la santé et de la sécurité quant à l’utilisation de plateformes élévatrices, voilà la conclusion qui découle de l’enquête de la CSST sur la mort en chantier d'Alain Goyette, serrurier en bâtiments, survenue le 14 juin dernier, à Laval.
Alors qu’il s’affairait à vérifier l’accessibilité à un mur d’un édifice commercial sur le site Centropolis, la plateforme élévatrice sur laquelle Alain Goyette prenait place s’est renversée. Il a fait une chute de plus de 15 mètres avant d’atterrir au sol et d’être écrasé par la plateforme.
Négligence
Deux facteurs de négligence sont à l'origine du décès du travailleur selon Pierre Boutin, inspecteur de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) dans cette affaire. D'une part, l'escalier temporaire qui avait été installé en hiver et qui bloquait l'accès au mur de l'édifice sur lequel M. Goyette devait effectuer des travaux et d'autre part, la capacité de compactage du sol à cet endroit précis.
C'est qu'en raison du dégel, une partie du sol s'était affaissée sous l'escalier temporaire, dont les stabilisateurs reposaient sur un morceau de bois de dimensions 2 par 10. Pour rééquilibrer le poids, on a ajouté un morceau de 2 par 4. Le problème, selon M. Boutin, c'est qu'il était difficile de prévoir la capacité de compactage du sol sous une grande surface, surtout en période de dégel. «Le maître-d'œuvre était au courant que le 2 par 10 qui soutenait l'escalier temporaire avait bougé et un menuisier a été mandaté pour le remettre à niveau pour assurer la stabilité de l'escalier. Or, il n'a pas été mandaté pour compacter le sol. On a observé une condition potentiellement dangereuse et on n'a pas pris de mesure pour la régler», accuse-t-il.

Comme de fait, un des stabilisateurs de la plateforme de M. Goyette, qui reposait sur le 2 par 4, s'est enfoncé dans le sol, provoquant la chute du travailleur, âgé de 52 ans.
Entreprise blâmée
C'est sur le maître-d'œuvre du chantier, soit BTL Construction, que repose le blâme puisque c'est lui qui se chargeait de l'ensemble des opérations sur le chantier du Centropolis. «On ne remet pas en cause les compétences du maître-d'œuvre, puisque l'ensemble du chantier était en règle, ce qu'on remet en cause, ce sont les procédures de sécurité associées à l'utilisation des plateformes élévatrices sur le chantier», précise M. Boutin.
Toujours selon M. Boutin, le maître-d'œuvre aurait dû constater que cette partie du bâtiment était difficile d'accès puisque l'escalier bloquait l'accès au mur. «C'est le maître-d'œuvre qui a installé l'escalier temporaire, il aurait donc dû prévoir avec ses sous-traitants une manière sécuritaire d'effectuer le travail.»

Par ailleurs, la norme G40.21 émise par l'Association canadienne de normalisation (ACNOR) spécifie que la zone d'utilisation des plateformes doit être inspectée avant utilisation. «Dans son programme de prévention, le maître-d'œuvre ne fait aucune mention de mesures pour sécuriser l'utilisation des plateformes élévatrices, comme l'inspection des lieux. Le programme de prévention devrait couvrir tous les équipements et toutes les activités d'un chantier. Comme ça, les situations dangereuses seraient évitées», soutient M. Boutin.

Un constat d’infraction a été émis à BTL Construction pour avoir compromis la santé et la sécurité d'Alain Goyette. L'amende peut varier entre 5000$ et 20 000$ s'il s'agit de la première offense et entre 10 000$ à 50 000$ s'il y a récidive. Si l'entreprise refuse d'assumer la responsabilité de la mort du travailleur, la cause pourrait se rendre à la Cour supérieure du Québec.

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