Poésie et autobus feront la paire jusqu'à la mi-mai.
(Photo: Martin Alarie)
PHOTO DIGITALE DanielleShelton & ClaireVarin
La poésie voyage
De Laval à Bruxelles
À Laval et Bruxelles, la poésie prendra l'autobus et le métro jusqu'au 18 mai! Une grande collaboration a été mise en branle entre des éditeurs belges et québécois, combinée à une entente entre les sociétés de transports de Bruxelles et de Laval.
Ici, 60 autobus de la STL disposeront de 10 poèmes, dont deux provenant d'écrivains belges. Chaque vers de La poésie prend le métro et le bus paraît sur une affiche aux couleurs de la ville, représentant la rive lavalloise de la rivière des Prairies.
«Il y aura aussi 20 nouveaux poèmes sur les afficheurs électroniques de notre métro. Nous avions eu un jumelage similaire avec la ville de Paris en 2006», indique Danielle Shelton, des éditions Adage et de la Société littéraire de Laval. Mme Shelton est l'instigatrice du projet La poésie dans le métro pour le Québec.
Fin mai, ce sont cinq poètes lavallois qui retrouveront leurs mots diffusés dans le métro de Bruxelles: José Acquelin, Anne-Marie Alonzo, Patrick Coppens, Joël Des Rosiers et Fernand Ouellette. Sous le thème «Voyage et poésie», un jury a sélectionné les poèmes.
Foi québécoise, sagesse belge
«La poésie descend de sa tour d'ivoire, marche et prend l'autobus. Car la poésie est un rempart contre tout ce qui nous déchire. Elle est profession de foi», a déclaré Claire Varin, présidente de la Fondation lavalloise des lettres, qui a coproduit le projet.
«Là où règnent l'oppression et la dictature, ce sont les poètes qui se lèvent les premiers. Ils sont lus et écoutés. J'ai vu 50 000 personnes dans un stade de Russie, 5000 dans des salles de Polognes, tous venus écouter leurs poètes», de raconter Pierre Ansay, Délégué de la Communauté française et de la Région wallonne de Belgique au Québec, avant d'affirmer: «La poésie est un art non marchand. C'est pourquoi les pouvoirs publics ont le devoir de la soutenir.»
Unanimité
Plusieurs poètes de l'île Jésus étaient présents lors du lancement officiel du projet le 6 mars à la Salle André-Mathieu. Tous sont favorables à l'initiative. Pour Claude Hamelin, c'est le Paris des années 1970 qui lui revient en mémoire, «des poèmes étaient même affichés près des sorties de secours!», il ajoute «Cela permet aux poètes d'être entendus, d'être présents dans le quotidien des gens, par une seule phrase sous les yeux.»
Pour Aurélie Le Blanc Le Pestipon, «la littérature revient dans les lieux publics dont elle a été évacuée.» «C'est une autre marque du retour en force de la poésie dans nos vies. C'est une autre façon d'écrire des graffitis», croit Leslie Piché.
«Une lectrice m'a déjà confié avoir raté sa station de métro à deux reprises. Bien que le transport en commun ne soit pas l'endroit le plus propice pour lire la poésie, tout est possible quand l'émotion se manifeste», rappelle le doyen des poètes lavallois, Fernand Ouellette.
Parmi les autres poètes participant à ce jumelage Laval-Bruxelles, mentionnons les lavalloises Andrée Dahan et Thérèse Tousignant-Patenaude, ainsi que les belges Gaston Compère, Daniel De Bruycker, Elke de Rijcke, Caroline Lamarche et Jean Loubry.
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(Photo: Martin Alarie)
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(Photo: Martin Alarie)