Le député de Marc-Aurèle-Fortin, Serge Ménard, affirme que le Bloc Québécois ne traverse aucune crise, mais est plutôt en préparation de son Congrès national qui se tiendra en octobre.
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Aucune ombre au tableau du Bloc québécois
Crise, caucus houleux et remise en question seraient des termes bien loin de la réalité du Bloc québécois (BQ), contrairement aux propos tenus dans un quotidien montréalais en début de semaine. Le parti est plutôt en pleine préparation de son Congrès national qui se tiendra en octobre.
C'est du moins ce qu'affirme le député de Marc-Aurèle-Fortin et porte-parole du BQ en matière de Sécurité publique et Protection civile, Serge Ménard, justifiant du coup les allégations tenues par le député de Rosemont–Petite-Patrie et porte-parole du parti en matière d’Environnement, Bernard Bigras. Ce dernier aurait affirmé, lors d'un caucus du parti il y a deux semaines, que le BQ doit remettre le projet de souveraineté de l'avant ou retourner chez lui. «M. Bigras a émis un discours très apprécié en vue du congrès du parti. Il a proposé de nouvelles orientations et stratégies pour la souveraineté», assure M. Ménard.
Professeur au département de science politique à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Anne Légaré soutient d'ailleurs qu'il est primordial pour le BQ de remettre de l'avant son projet de souveraineté. «Il y a des réserves à y avoir sur le Bloc à Ottawa, car même s'il fait du bon travail, il n'y a pas de débouché sur la souveraineté», explique Mme Légaré.
Le Bloc doit, selon elle, faire comprendre aux Québécois qu'ils ont besoin d'un État. «La souveraineté, ce n'est pas une accumulation de compétences, mais le Bloc le présente comme ça, car il est prisonnier du régime politique», estime Anne Légaré.
Pour le député d'Alfred-Pellan, Robert Carrier, le Bloc s'est toujours dit être un parti défendant la souveraineté. «Nous vivons, dans le système actuel, avec deux gouvernements. Tant qu'il ne sera pas décidé démocratiquement de changer ça, il va falloir fonctionner ainsi, même s'il serait plus profitable d'avoir un seul gouvernement», confie M. Carrier.
Autant messieurs Ménard que Carrier s'entendent pour dire que le choix du Parti québécois (PQ) de remettre à plus tard la souveraineté ne nuit en rien à la présence du BQ à Ottawa. «Le PQ a toujours l'indépendance du Québec comme objectif, mais attend que les circonstances soient favorables à une telle décision, car il ne peut pas y avoir un référendum où la souveraineté serait battue une autre fois», confirme le député d'Alfred-Pellan.
Reste que plusieurs Québécois s'interrogent sur l'avenir d'un Québec en tant qu'État souverain. «L'impact de la mondialisation, le rôle de l'économie par rapport au politique, la disparition du rôle des nations sont tous des enjeux qui ne sont pas expliqués aux Québécois», reproche Anne Légaré. À ceci, Robert Carrier répond que tout ne peut être mis noir sur blanc quant à la souveraineté. «Les gens doivent avoir en eux l'instinct naturel qui nous guidera vers la l'indépendance du Québec», assure-t-il.
Le BQ se dit toutefois très fier de la reconnaissance du gouvernement Harper du Québec comme nation au sein d'un Canada uni. «C'est une motion qui a d'abord été proposée par le BQ et M. Harper y a ajouté ‘’au sein d'un Canada uni’’», avoue Serge Ménard. Il ajoute que le Bloc a permis l'amélioration de plusieurs aspects au sein même du Canada, en critiquant notamment la loi antiterroriste et en prenant des dispositions sur l'utilisation de la caisse d'assurance-chômage.
Reste qu'il faut beaucoup plus selon Anne Légaré si le BQ souhaite voir l'indépendance du Québec se réaliser. «Il faudrait de la part du parti une lucidité politique éblouissante. Qu'il dise aux citoyens qu'on ne pourra pas réaliser telle ou telle chose tant qu'on ne sera pas souverain», conclut Mme Légaré.
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