Annonces classées | Enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne
Transcontinental
Courrier Laval
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Les citoyens se mobilisent de plus belle

Vols de nuit sur l’Île Paton

par Alexandra Roy
Voir tous les articles de Alexandra Roy
Article mis en ligne le 13 avril 2008 à 5:14
Soyez le premier à commenter cet article
Les citoyens se mobilisent de plus belle
André Paradis et Roger Trottier du RLQV font appel à la mobilisation sociale pour dénoncer l'abus de pouvoir de ADM. RLQV.jpg alarie photo (Photo:Martin Alarie)
Les citoyens se mobilisent de plus belle
Vols de nuit sur l’Île Paton
> Alexandra Roy
Le Regroupement Laval pour une qualité de vie s’est joint à Citoyens pour une qualité de vie pour dénoncer de plus belle les supplices que leur fait endurer Aéroports de Montréal depuis des mois.
Depuis octobre 2006, les citoyens de l'Île Paton se disent incommodés par les vols de nuit qui passent juste au-dessus de leurs condos. «Encore cette nuit, je me suis fait réveiller à 2h, à 4h et encore à 6h», dénonce André Paradis, coordonateur du Regroupement Laval pour une Qualité de Vie (RLQV). «C'est difficile de s'habituer à ce genre de bruit. Tu peux t'habituer au bruit d'un train ou d'une autoroute, mais pas à celui d'un avion. Si nous ne faisons rien, le nombre d'agressions sonores augmentera dans les prochaines années. Ce qu'on veut c'est éveiller l'opinion publique sur les mouvements qui existent pour dénoncer l'abus de pouvoir d'ADM [Aéroports de Montréal]. En exerçant des pressions sur le gouvernement, on peut faire une différence», soutient M. Paradis.
Selon le regroupement, ces vols nocturnes entraînent des conséquences désastreuses sur leur qualité de vie, leur santé, leur sécurité et leur patrimoine collectif. «Un rapport médical démontre qu'il y a une relation directe entre les bruits excédant 35 décibels et une hausse de la tension artérielle», relève M. Paradis.
Le règlement municipal L-8554 stipule que l'intensité sonore du voisinage ne doit pas excéder 50 décibels entre 22h et 7h. Le problème, selon les citoyens, c'est qu'il est impossible de prouver que l'entreprise enfreint ce règlement, puisqu'aucun rapport n'est rendu public à ce sujet. «ADM ne fait que nous donner des moyennes quotidiennes du bruit provoqué par ces avions. Or il y a des jours où aucun ne avion circule donc cela fausse leur moyenne, qu'ils refusent d'ailleurs de nous révéler», accuse M. Paradis. «Par ailleurs, si un avion s'écrase en zone résidentielle, imaginez les dommages que cela causerait.»
Recours collectif
Uni à d'autres associations qui dénoncent les abus de pouvoir d'ADM, le CQV a demandé, le 23 novembre 2007, que sa demande de recours collectif soit transférée à la Cour suprême du Canada.
En 2004, la demande de recours collectif avait été rejetée par la Cour supérieure du Québec et également par la Cour d'appel en septembre 2007, à raison de deux juges sur trois. «Vu que la décision n'était pas unanime, le CQV a fait appel à la Cour suprême pour entendre la cause», explique Robert Trottier, conseiller et recherchiste du RLQV.

Dans les deux cas, le jugement avait été rendu sur la forme et non sur le fond, c'est-à-dire sur le fait qu'il allait être difficile de répartir les dédommagements financiers de manière égale pour tous les citoyens affectés par le bruit. Quant au fond, il fait référence à trois facteurs, soit à la violation de la réglementation du Canada Air Pilot qui stipule que seuls les vols d'urgence sont autorisés la nuit, aux abus de droits de la qualité de vie des citoyens et à l'expropriation déguisée imposée aux propriétaires résidentiels situés dans le voisinage de l'aéroport Montréal-Trudeau. Étant donné qu'aucune instance ne s'est encore prononcée contre le fond, le CQV a bon espoir de se faire entendre par le plus haut tribunal du pays.
Le RLQV espère par ailleurs faire éclater la vérité sur ADM au grand jour en présentant un «rapport de vérité» à la vérificatrice générale du Canada, Sheila Frazer. «Il va y avoir une demande d'enquête sur le dossier. On attend que les discussions avec les regroupements soient complétées et une fois que tout sera mis en place, on déposera le rapport. Cela ne devrait pas tarder», fait savoir M. Trottier.
Pourquoi pas à Mirabel?
Afin d'accommoder les citoyens de l'arrondissement de Saint-Laurent qui se disaient agressés par les avions de nuit qui décollaient et atterrissaient à l'aéroport Montréal-Trudeau, ADM a décidé en 2006 de dévier les trajectoires de ses vols nocturnes en les faisant passer au-dessus de l'autoroute 13 en théorie. L'Île Paton, qui se situe à l'est de la 13, est devenue l'épicentre de la trajectoire nocturne de ces avions. «En pratique, ils n'ont quasiment jamais réussi à faire passer les avions au-dessus de la 13. Contrairement à ce que laisse entendre ADM, on a établi que le corridor de nuisance mesure minimum entre trois et quatre kilomètres de large», poursuit M. Trottier.
Ce que le RLQV souhaiterait, c'est que les avions soient retournés à Ville Saint-Laurent ou encore à l'aéroport de Mirabel. «Partout, on se fait répondre que les avions doivent bien circuler quelque part. Pourquoi ne pas utiliser l’aéroport de Mirabel qui a justement été conçu en tenant compte de la qualité de vie des gens et de l’environnement? Au lieu de ça, ADM envoie ses avions n’importe où sans consulter aucuns citoyens», dénonce M. Trottier.

Une dizaine de communiqués a été envoyée aux différentes instances politiques du gouvernement, pour les mettre au parfum de la situation. «Ces communiqués entraînent une prise de conscience d'ADM. À force de se sentir attaqués de part et d'autre, ils finiront bien par réagir», espère M. Paradis.

RLQV.jpg alarie photo
Symposium de peinture

Chroniqueurs

Chez nos voisins


La question du net


Liens