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Du bac au recycleur, les lois du marché priment

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 11 avril 2008 à 16:07
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Le tri à la source, dans les ménages, évite un surplus de travail et des coûts à l'usine. (Photo: Martin Alarie) (Photo: ballots fibres)
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Du bac au recycleur, les lois du marché priment
Au bout du convoyeur d'entrée, le contenu de milliers de bacs de recyclage plonge, chaque jour, dans un fracas de métal et de verre, vers sa destinée. Une seconde vie qui s'achète et se vend, au plus offrant.
Le centre de tri du Complexe environnemental de Saint-Michel reçoit, depuis le 1er avril, le contenu en vrac des bacs roulants de Laval. Avant cette date, seuls le papier et le carton lavallois transitaient par ici. Le verre, le plastique et le métal étaient acheminés vers le centre de tri et de valorisation Nord-Sud, sur le boulevard St-Elzéar, à Laval.

En janvier 2009, le centre montréalais, propriété du Groupe Tiru, traitera également les matières recyclables des résidents de la métropole. Sa capacité de traitement aura alors doublé, pour s'établir à plus de 200 000 tonnes par an.
Zéro coût
Le centre a tout intérêt à rentabiliser ses opérations. En vertu du contrat de dix ans signé avec Ville de Laval, il offre ses services… sans réclamer un sou. Montréal, pour sa part, s'engage à débourser seulement pour l'enfouissement des matières non recyclables qui se retrouveront, par inadvertance, dans le produit de sa collecte sélective.
«À la revente, ça leur rapporte plus que le coût de l'équipement et de la main-d'œuvre, explique André Giroux, conseiller professionnel, déchets solides, du Service de l'environnement de Laval. Si l'entreprise trouve les bons marchés, ça fonctionne.»

Groupe Tiru doit d'abord se convertir au «pêle-mêle» ― le mode de collecte choisi par Laval et Montréal. Auparavant, les déchets arrivaient déjà séparés; fibre (papier, carton) d'un côté, le reste de l'autre.

Le réaménagement des lieux et la modernisation des équipements, amorcés depuis près de trois mois, se poursuivent. Simultanément, le volume des matières recyclables de Laval augmente sur les convoyeurs, à mesure que s'accomplit le déploiement des bacs roulants. Un défi, admet Gilbert Durocher, vice-président, opérations, chez Tiru.
10% de rejets
S'affairant au-dessus du convoyeur d'entrée, une employée jette aux ordures les objets indésirables. C'est la première étape du processus de sélection. «On a déjà retrouvé une tête d'orignal et des balles de fusil», raconte André-Philippe Hébert, directeur du Centre d'expertise sur les matières résiduelles, qui guide la visite.
Des couches souillées, de la nourriture, des souliers et des vêtements frayent leur chemin régulièrement jusqu'au centre de tri, ajoute Gilbert Durocher. Dix pour cent de ce qui arrive ici doit être jeté.

Une proportion qui est appelée à augmenter. «Avec le petit bac, le chauffeur faisait le tri. S'il trouvait une bonbonne de gaz propane, il la laissait dans le bac, illustre-t-il. Maintenant [avec la collecte mécanisée], le chauffeur ne descend plus.»

Le bac de recyclage plus grand incite par ailleurs les gens à être moins sélectifs. Cette négligence se traduit par des coûts supplémentaires, à l'étape du triage.
Une question de prix
Afin de réduire les rejets au strict minimum, Ville de Laval s'en tient à une liste des matières acceptées plutôt conservatrice. «Notre approche est sans doute pointilleuse, mais on veut que le tri se fasse convenablement», expose André Giroux. La liste pourra se bonifier dans l'avenir, si d'autres matières trouvent des débouchés.
Trop léger pour le prix offert à la tonne, les styromousses doivent pour le moment être jetés aux ordures. Idem pour les sacs d'épicerie en plastique. Au centre de tri, ils s'éventrent dans les séparateurs, avant d'aboutir, en charpie, sur les quatre convoyeurs réservés au papier et au carton. «Une plaie», lance Gilbert Durocher, qui affirme que toutes les matières recyclables peuvent trouver un prix intéressant sur le marché, «sauf le sac de plastique».

Dans la partie de l'usine réservée aux matières fibreuses, le nombre d'employés augmente à mesure que se raffine le triage manuel du papier, sur la chaîne de travail. Ils s'emploient à écarter le plus de «contaminants» possible, comme les sacs de plastique, afin d'obtenir du papier journal de qualité «8», une matière de plus en plus courue sur le marché local. Et qui se vend à bon prix.

Les plastiques et le verre se retrouvent de l'autre côté de l'usine, avec les boîtes de conserve et les autres résidus de métal. L'aluminium (canettes, assiettes, papier d'aluminium) est l'or des recycleurs. En général, toute la filière métal figure au haut de la liste des revenus du centre de tri.
En Chine
À l'extérieur, un camion de récupérateur d'acier se dirige vers la sortie, alors que dans la cour, des plastiques ficelés en ballots multicolores attendent. On s'efforce de trouver rapidement un acheteur local pour tout. L'espace exigu ne permet pas le stockage.
Certaines matières aboutissent souvent à l'étranger. La Chine, notamment, accepte le papier de qualité inférieure ou certains types de plastiques sur lesquels les récupérateurs d'ici lèvent le nez. «Idéalement, tout serait vendu localement», dit Gilbert Durocher.

La visite s'achève au milieu des camions de recyclage allant et venant. Comme il l'avait fait d'entrée de jeu, André-Philippe Hébert insiste: «Le déchet qui coûte le moins cher, c'est celui qu'on ne produit pas. N'oubliez pas de l'écrire.»

(Photo: recyc convoyeur)

(Photo: Martin Alarie)

(Photo: ballots fibres)

(Photo: Martin Alarie)

(Photo: ballots plastiques)

(Photo: Martin Alarie)

(Photo: sacs plastiques)

(Photo: Martin Alarie)
> Question recyclage…
Le rinçage (léger)

Pour tous les contenants. Une question d'hygiène pour les travailleurs du centre de tri. Et pour éviter de souiller les autres matières du bac.

Les bouchons

La municipalité conseille de jeter les bouchons des contenants de plastique, parce qu'ils ne sont pas identifiés comme étant recyclables. Au centre de tri, on dit les accepter, s'ils sont vissés au contenant.

Les couvercles

Les séparer des pots de verre et de métal, afin de faciliter le tri des matières.

Les déchets non recyclables

Le bac roulant n'est pas une poubelle! Suivre le guide des matières acceptées et refusées de Laval. Informations: 311 ou www.ville.laval.qc.ca, sous l'onglet «Environnement».

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