Marie-Christine Lago, présidente de la Société de l'Autisme de Laval en compagnie de son fils Junior, souffrant d'autisme de haut niveau. (Photo:Martin Alarie)
Marcher à l’encontre des préjugés
Comme pour toutes les autres maladies liées au Troubles envahissants du développement (TED), les personnes souffrant d’autisme sont souvent pointées du doigt par la société. Parce qu’elles sont différentes ne veut pas dire qu’il faille les traiter avec mépris selon Marie-Christine Lago, présidente de la marche pour l’autisme qui se tiendra à la Société de l'autisme de Laval, le 26 avril prochain.
C'est sous le thème Optons pour la tolérance et non la différence que la marche prendra son envol au 34, boulevard Bellerose, à Vimont. Présidée par Mme Lago, mère de deux enfants autistes, l’objectif ultime est de faire tomber les préjugés à leur égard. «Le but est de leur montrer que malgré leurs différences, ces personnes sont comme les autres. Le plus de monde qui va arrêter de porter des jugements sur eux, le mieux qu'ils vont se sentir. Souvent les gens pensent que l’autisme est contagieux, alors que ce n’est pas le cas», souligne Mme Lago.
Isolement et rejet
Les préjugés à l’égard des personnes autistes sont basés sur une mauvaise connaissance du problème selon Mme Lago. Elle a pu le constater à maintes reprises en allant par exemple au parc avec ses enfants ou dans des centres d’achats. «Une fois, une dame me regardait de travers parce que ma fille sortait ses dents et criait. Je lui ai expliqué qu’elle était autiste et je lui ai demandé si elle tenait à se faire mordre. La femme est repartie aussitôt, raconte-t-elle. Ça nous isole beaucoup en tant que parent, on ne peut pas aller faire nos commissions comme les autres parce que les petits nous font des crises. Personnellement, je trouve que c'est difficile pour les parents de voir leurs enfants rejetés par les autres, mais je ne m'arrête pas à ce que les autres pensent.»
Surveillance 24 heures sur 24
Mme Lago n’a pas le même train de vie que les autres parents. Elle doit surveiller ses enfants 24 heures sur 24 pour s’assurer qu’ils vont bien. «Les enfants autistes aiment se sauver, donc il faut les surveiller. On a dû condamner toutes nos fenêtres et nos portes pour ne pas que ma fille se sauve. Un beau jour, elle s'est sauvée et je l'ai trouvée près du boulevard Bellerose. Elle s'apprêtait à traverser la rue pour aller acheter des tic-tacs au Jean-Coutu. Je l'ai appelée et comme par miracle, elle venue vers moi. Si je n’avais pas crié, il n’y a aucun doute qu’elle se serait fait écraser. Elle n’avait pas conscience de ses gestes», raconte-t-elle.
Aujourd'hui, sa petite fille âgée de huit ans et demi est placée dans une famille d'accueil car Mme Lago n'a pas les moyens financiers de la garder à la maison. «Au lieu d'investir 101$ par jour dans une famille d'accueil, le gouvernement devrait investir dans un programme qui permettrait aux familles de recevoir de l'aide à la maison. Pourquoi attendre que les parents craquent et placent leur enfant?» demande-t-elle. Si on avait de l'aide dès le départ, on pourrait les garder. L'enfant coûterait moins cher en restant à maison avec les personnes qui l'aiment», soutient-elle. Une pétition de 1290 noms en ce sens a d'ailleurs été remise au député de Vimont, Vincent Auclair.
Une fanfare organisée par les cadets de l'air ouvrira la marche. Pour plus d'informations, les intéressés peuvent appeler le 450 663-5551.
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