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Laval se prépare

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 17 avril 2008 à 5:51
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Laval se prépare
Laval se prépare
Rue Riviera, à Laval-Ouest, l'eau prend une pause à la lisière du bitume, attend le signal du thermomètre pour traverser la rue. Près de la 6e rue, un couple de colverts nage déjà sur la voie publique. Les 18 degrés d'aujourd'hui activeront les choses: un grand coup d'eau est attendu ce week-end.
Hier encore, la situation était décrite comme stable, au Centre de coordination des mesures d'urgence (CCMU) de Laval. Il y avait bien de l'eau dans plusieurs dizaines de rues, mais aucune inondation de résidence, ni d'évacuation.

La fébrilité qui a motivé la distribution de 2220 sacs de sable s'explique par ce qui s'en vient. «D'après moi, on va peut-être passer au niveau "alerte 2" en fin de semaine», évaluait la porte-parole du Département de police de Laval, Nathalie Lorrain, mardi.

La menace vient du barrage Carillon, à la sortie de l'immense bassin versant de l'Outaouais, qui englobe lacs, rivières et tributaires sur une superficie de 146 334 km2.

«Habituellement, la crue se fait en deux temps», explique Pierre Corbin, géophysicien à Hydro Météo, une firme privée de consultation en hydrométéorologie. Le premier épisode a lieu aux premiers jours d'avril, avec la fonte de la portion sud du bassin. Le second se manifeste généralement à la mi avril, alors que la partie nord, qui s'étend jusqu'au Témiscamingue, dégèle.

Les températures froides des dernières semaines ont limité le premier coup d'eau. À la faveur du réchauffement important qui s'installe aujourd'hui, tout se passera comme si les deux crues se produisaient simultanément.

Au barrage de Carillon, qui abrite une centrale électrique, certains moyens modestes sont à la disposition d'Hydro-Québec pour contrôler le débit d'eau. Mais étant donné la quantité de neige qui fond, les autorités locales n'auront pas le choix: «ils vont devoir laisser passer l'eau».

Pour le moment, les niveaux enregistrés sur les rivières des Mille Îles et des Prairies n'ont rien d'inusité, note le géophysicien. «On a déjà eu des niveau comme ça l'hiver dernier [janvier 2007]. Et en 2004, on dépassait ça.»

Pour la suite des choses, le Centre de coordination des mesures d'urgence de Laval se prépare au pire.

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