Alain Payette: «Je vais mourir sur mon piano.»
(Photo:Martin Alarie)
Composer dans l'ombre avec Alain Payette
Le compositeur et pianiste Alain Payette sera de passage à la Maison des arts le 27 avril prochain où il nous fera entrer pour la seconde fois dans l'intimité de sa chambre, dans le cadre des Déjeuners Croissant-Musique.
Le musicien interprétera des pièces instrumentales qu'il a lui-même composées, en compagnie de son violoncelliste, Donald Pistolesi. D'une durée d'une heure, le concert mettra en scène des duos de musique de chambre composés à une dizaine d'années d'intervalles. «Les gens pourront sentir une évolution au niveau du langage, des rythmes et de l'harmonie tout en restant dans un contexte romantique et lyrique», explique l'artiste de 54 ans.
Plutôt que de mettre l'accent sur une symphonie d'instruments, le compositeur opte pour la simplicité en présentant des pièces de son répertoire de musique de chambre. «L'avantage de la musique de chambre est que ce sont de petits ensembles de notes, ce qui nous permet d'aller plus loin dans l'émotion. Comme il n'y a pas beaucoup d'instruments, notre langage est plus explicite. La musique, c'est une interaction constante avec le public», souline le pianiste d'origine montréalaise.
Inspiration humaine
Pour ses pièces, Alain Payette tire son inspiration de son quotidien, des gens qu'il rencontre et de ses expériences «humaines». «Pour moi, les humains sont ce qu'il y a de plus important. Ce sont eux qui me guident quand je compose. En les découvrant, je me découvre moi-même. La musique, c'est comme un miroir qui me permet d'entrer en interaction avec les autres», confie-t-il.
Le pianiste avait présenté ses œuvres le 13 avril dernier dans le cadre des Déjeuners Croissant-Musique et il avait adoré l'expérience. «Étant donné que les compositeurs sont toujours un peu dans l'ombre au Québec, les Déjeuners Croissant-Musique me permettent de rejoindre un grand nombre de gens avec ma musique. Il y a pas beaucoup de petite place où on peut atteindre une centaine de personnes à la fois», soulève Alain Payette.
«Le métier de compositeur est extrêmement difficile et exigeant. Composer une heure de musique, ça peut prendre des mois et des années. Les gens pensent que si on est dans le journal, on gagne bien notre vie. Or, quand on joue en concert, on a des droits d'auteurs minimes. Les artistes sont des porte-paroles extraordinaires d'une société et d'une culture. Ils génèrent beaucoup de revenus, mais les auteurs ne récoltent rien», fait-il valoir.
Malgré les contraintes liées au milieu artistique, Alain Payette est passionné de son métier. Il entend continuer à composer pour le reste de sa vie. «Je vais mourir sur mon piano, confie-t-il. Je n'ai pas le choix de composer, si je ne le fais pas il y a un vide énorme dans ma vie. La musique, c'est de la nourriture pour l'esprit. C'est ma façon d'exister. Pour moi, ce n'est pas un travail, c'est une manière de vivre. Je ne le fais même pas pour l'argent, je le fais pour communiquer avec les gens», conclut-il.
Alain Payette sera en concert à la Maison des arts (1395, boul. de la Concorde Ouest) le 27 avril prochain dans le cadre des Déjeuners Croissant-Musique. Pour information: 450 662-4440.
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(Photo:Martin Alarie)