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La francisation en manque de ressources?

Pas toujours rose l'intégration des élèves francisés

par Sophie Méley-Daoust
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Article mis en ligne le 27 avril 2008 à 4:30
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La francisation en manque de ressources?
La francisation en manque de ressources?
Pas toujours rose l'intégration des élèves francisés
De plus en plus de jeunes Lavallois, majoritairement issus de l'immigration, doivent suivre un parcours de francisation durant une certaine période de leur cheminement scolaire. Le résultat global se traduit par une intégration mitigée de ces élèves, souvent aux prises avec d'importants retards scolaires.
Considérant que Laval ait vu augmenter sa part de nouveaux arrivants, passant de 11,2% en 2001 à 15% en 2006, selon le recensement de 2001 de Statistique Canada, il est évidemment que les demandes de francisation aient également fait un bon à la Commission scolaire de Laval (CSDL). «Avant le taux d'allophones était concentré dans des secteurs comme Chomedey, alors qu'aujourd'hui les nouveaux arrivants s'installent partout sur le territoire de Laval», constate la directrice adjointe par intérim au Service de l'enseignement de la CSDL, Francine LaPlaca.

Les jeunes ne maîtrisant pas ou mal le français font ainsi partie du Programme d'accueil et de soutien à l'apprentissage du français, établi et financé par le ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS).

Toutefois, toujours selon le recensement de 2001, comme 82% des allophones lavallois s'expriment à la maison en grec, en italien, en arabe, en arménien, en espagnol, en créole ou en portugais, il est possible de croire que le jeune en parcours de francisation ne puisse pratiquer la langue de Molière une fois chez lui.

La francisation dans les écoles se bute également à la culture d'origine de l'élève et sa famille. «Il arrive qu'une maman ne parle pas le français, mais c'est elle qui doit s'occuper de l'inscription de son enfant, et de ses devoirs», constate Geneviève April, maman d'un petit garçon de 5 ans qui fréquente l'école Harmonie à Chomedey.

Autre situation problématique, les jeunes intégrés aux classes régulières accusent déjà un certain retard scolaire, forçant les professeurs à revoir leur stratégie d'enseignement, sans avoir en main les ressources nécessaires pour le faire. «Les enseignants au régulier ne sont pas formés pour ces situations-là, même la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, prône une formation accrue pour ces professeurs», confie le président du Syndicat d'enseignement de la région de Laval, Michel Trempe. Bien que Francine LaPlaca assure qu'un projet de formation pour les enseignants du régulier ait été mis en branle pour la prochaine année scolaire, elle soutient que les professeurs sont en mesure de gérer une classe qui compte des élèves nouvellement francisés. «C'est sûr que les professeurs vivent un stress quant à l'intégration de ces élèves, mais ils doivent leur laisser le temps d'imbiber tout ce qu'ils ont récemment acquis», explique Mme LaPlaca, avouant que plusieurs, vis-à-vis cette clientèle, n'ont pas l'impression d'agir comme il le faudrait. Elle ajoute pourtant qu'il est simple pour un enseignant, lors d'une activité, de diviser sa classe en petits groupes pour faciliter les apprentissages. «Ils [les professeurs] devront faire quoi? Huit sous-groupes par classe», s'insurge Geneviève April, mise au parfum par une enseignante de l'école Harmonie que donner une dictée dans une classe de 5e année est devenu un réel défi, considérant que des élèves intégrés sont de niveau premier cycle.

Pour le directeur des communications à la CSDL, Jean-Pierre Archambault, chaque école a la responsabilité de voir au bon fonctionnement des élèves francisés et intégrés aux classes régulières. «Une école doit adapter ses besoins pour mettre en place des services ciblés pour sa clientèle », avoue-t-il.

Francine LaPlaca soutient enfin que près de 50% de la clientèle en francisation est intégrée, soit les élèves au préscolaire et ceux ayant fait le passage en classe d'accueil. «Presque de tous les élèves [en francisation] vont enregistrer un retard, mais ce n'est pas ce qui fera d'eux des élèves à risque», assure Mme LaPlaca, ajoutant que certains d'entre eux ont connu de belles réussites scolaires après avoir suivi le processus de francisation.

Au moment de mettre sous presse, aucun retour d'appel n'avait été reçu de la directrice de l'école Harmonie, Josée Bonin.

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