Classement biaisé
Palmarès des écoles secondaires publiques en fonction de leur taux de décrochage
Dans la foulée des palmarès qui touchent le milieu scolaire, voilà que l’un d’entre eux, compilant le taux de décrochage dans les écoles secondaires publiques du Québec, a été publié cette semaine dans Le Journal de Montréal où sont classés neuf établissements de Laval.
Bien que certaines écoles secondaires du Québec affichent, selon ce palmarès, un taux de décrochage de plus de 90%, celles de Laval s’en tirent plutôt bien avec des taux allant de 37% pour l’École Leblanc, à Duvernay, à 3% pour l’école d’éducation internationale de Laval, à Chomedey. «Ces palmarès sont souvent biaisés et il faut avoir l’honnêteté de le dire, mais ça passe toujours bien dans les journaux», avoue toutefois la présidente de la Commission scolaire de Laval (CSDL), Francine Charbonneau.
Mise en garde
Biaisés, car selon Mme Charbonneau, ces palmarès ne prennent pas en considération les écoles plus défavorisées qui se retrouvent dans le même classement que certaines écoles priorisant l’excellence académique par une sélection de leur clientèle. Ce box-office du décrochage scolaire passe également à côté du cheminement particulier de certains élèves. «À l’école internationale, certains jeunes viennent de d’autres pays par un échange étudiant, mais quand ils retournent chez eux, ils sont comptabilisés comme décrocheur, car ils n’ont pas fini leur parcours à la CSDL», expose Mme Charbonneau.
Même si les résultats de ce palmarès proviennent du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), la ministre, Michelle Courchesne, n’approuve pas la façon dont les données ont été exposées dans les médias. «On ne peut pas parler de palmarès, lance-t-elle en entrevue téléphonique mardi, au deuxième jour de la Commission de l’éducation qui aborde la question du projet de loi 88. Il faut traiter ces données en profondeur et avec beaucoup de nuances. C’est sûr que nous [MELS] devons rendre publiques ces renseignements, mais ce que les journalistes en ont fait ne rend pas justice au travail des gens en milieu scolaire.»
L’école Mont-de-La Salle à Laval-des-Rapide présente ainsi un taux de décrochage de 28,5%, qui ne rend pas compte des changements qu’a subis le milieu depuis les dernières années. «Ça ne fait pas longtemps qu’il y a du secondaire un à cinq à Mont-de-La Salle et qu’il n’y a plus d’international, souligne Mme Charbonneau. Il y a une petite zone de turbulence et c’est normal que des modifications amènent un impact.»
Public versus privé
La présidente de la CSDL déplore par ailleurs la comparaison souvent faite entre les milieux public et privé. «Au public, on accueille tout le monde, alors quand il est question de taux de décrochage il faudrait pratiquement se pencher sur le cheminement de chaque jeune pour pouvoir compiler des données exactes», estime Mme Charbonneau, faisant notamment allusion aux écoles comptant une clientèle d’élèves handicapés.
Elle ajoute en plus que la CSDL reçoit plusieurs jeunes du privé en cours d’été. «Les décrocheurs du privé viennent au public, car ils ne réussissent pas et c’est nous qui devons rebâtir leur estime d’eux-mêmes», conclut-elle, avouant enfin que, malgré les palmarès, la CSDL répondra toujours au défi d'ouvrir ses porte à l'ensemble de la population lavalloise.
À l’exception de la direction de l’école Horizon-Jeunesse, qui dit prendre les résultats du palmarès avec un grain de sel, aucune direction d’école francophone de la CSDL n’avait retourné nos appels au moment de mettre sous presse.
Taux de décrochage dans les écoles secondaires publiques de Laval
École Leblanc : 36,6%
École Mont-de-La Salle : 28,5%
École Saint-Maxime : 25,9%
École Curé-Antoine-Labelle : 19,2%
École Horizon-Jeunesse : 15,1%
École Georges-Vanier : 13,7%
Laurier Senior High School : 11,6%
Laval Liberty High School : 9,9%
École d’éducation internationale de Laval : 3,0%
(Source: Le Journal de Montréal, édition du lundi 26 mai 2008, selon des données du Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.)