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Courrier Laval
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Choc culturel

Forum de la Mission économique des maires africains

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 22 juin 2008 à 13:49
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Choc culturel
Lengue Malapa, maire de Douala, au Cameroun: «Nous savons qui sont les plus grands pollueurs, et ce ne sont pas les Africains.» (Photo: Marc-André Ménard) PHOTO: Afrique 2
Choc culturel
Forum de la Mission économique des maires africains
Un mini choc des cultures s'est produit au Sheraton Laval, jeudi, à l'issue d'une série de conférences portant sur l'environnement et le développement durable, présentée à un auditoire à majorité camerounais.
À Laval, 700 litres d'eau par personne sont consommés chaque jour. Ce chiffre inclut l'eau utilisée par les commerces, les industries et les institutions. Le secteur résidentiel est responsable de plus de la moitié de cette consommation, avec 450 litres d'eau par jour, par personne.

Le directeur du Service de l'environnement de Laval, Guy Courchesne, a fourni ces statistiques en réponse à un membre de la délégation de maires africains surpris par l'ampleur de la consommation d'eau potable sur l'île Jésus. M. Courchesne avait auparavant résumé les grands axes des orientations et de l'action environnementales à Laval.
Contradiction
«C'est une consommation excessive», a admis Guy Courchesne. C'est un problème de comportement social qui doit être traité personne par personne.» Le directeur de service a souligné que ces excès ne se limitent pas à la consommation d'eau. «Il y a le transport, a-t-il mentionné. En effet, nous sommes de grands consommateurs de biens et de ressources.»
Après la conférence, Emmanuel Mukam, ingénieur civil et maire de la commune de Bamendjou, dans l'ouest du Cameroun, n'était toujours pas revenu de sa surprise. «Je cherche des gens qui peuvent m'aider à forer des puits pour fournir 30 litres d'eau par jour par ménage, a-t-il illustré. Rien que 30 litres d'eau par jour par ménage! a-t-il martelé, l'air dépassé.

L'eau requise pour l'approvisionnement des animaux et l'agriculture ne serait pas fournie par ces éventuels puits, a-t-il précisé. «Je me concentre sur [les besoins de] l'humain.

«Vous avez beaucoup d'eau ici, on dit que l'eau est la propriété de l'humanité. Nous, on a de la forêt, et on nous dit: "Ne gaspillez pas la forêt; la forêt appartient à l'humanité". Il y a une contradiction.»
N'oubliez pas la pauvreté
Un autre participant a profité de l'occasion pour remettre les choses en perspective. «J'espère que quand on parle de couche d'ozone, de gaz à effet de serre et de développement durable, nous n'oublions pas que nous nous sommes fixé les Objectifs du millénaire, qui prévoient la réduction de la pauvreté de moitié, a rappelé Lengue Malapa, maire de Douala, une autre localité de l'ouest du Cameroun.

Ce dernier faisait référence aux huit objectifs fixés en 2000 par l'Organisation des Nations Unies (ONU). Au haut de la liste établie alors, figure la réduction de l'extrême pauvreté et de la faim. Le développement durable est également mentionné dans la liste.

La date butoir pour la réalisation de ces objectifs est fixée à 2015. Un bilan réalisé par l'ONU l'année dernière permet de constater que la réduction de la pauvreté est loin d'être en voie d'être réduite significativement en Afrique.

«Malgré les conventions, les tables de concertation, on se rend compte que l'aide n'arrive pas. Seulement 14 % de l'aide [promise] a été octroyée à l'Afrique. Quand vous parlez de réduction de gaz à effet de serre, tout le monde est concerné. Mais quand vous parlez de pauvreté, l'Afrique, surtout, est concernée», a ajouté M. Malapa.

Est-ce que la protection de l'environnement est un luxe que seuls les pays occidentaux peuvent se permettre? «Je pense que c'est pertinent d'en parler, répond M. Malapa. Mais il n'est non pas moins pertinent de parler de lutte contre la pauvreté. Nous savons qui sont les plus grands pollueurs, et ce ne sont pas les Africains.»

PHOTO: Afrique 1

(Photo: Marc-André Ménard)

PHOTO: Afrique 2

(Photo: Marc-André Ménard)

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