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Sensibiliser par la bouteille

par Sophie Méley-Daoust
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Article mis en ligne le 25 juin 2008 à 10:31
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Sensibiliser par la bouteille
Par son art, Phil Allard souhaite passer un message. (Photos: Martin Alarie)
Sensibiliser par la bouteille
«C’est un dixième de ce qui se boit à Montréal en une journée», explique Philippe Allard, l’homme à l’origine de l’immense serpent de 80 000 bouteilles d’eau, à trois petites dames qui viennent d’entrer dans la salle qu’il occupera durant tout l’été au Centropolis dans le cadre du Parcours des arts présenté par le Mondial Choral.
L’œuvre est magistrale et occupe tout l’espace. Si bien que certains passants sont plutôt impressionnés par le gigantisme de la chose que du message qu’elle lance. «C’est vraiment impressionnant, mais je ne suis pas certains que les gens y soient tant conscientisés, je ne crois pas que ça aille jusqu’à changer les habitudes de vie, pour ça il faudrait presque un projet de loi», confie celui qui a terminé un baccalauréat en design graphique à l’Université du Québec à Montréal au début des années 90.

Ce serpent de 80 000 récipients, qui s’agrandira au fil de la récolte de bouteilles d’eau via les bacs prévu à cet effet au Centropolis, c’est une façon pour l’artiste de dénoncer les objets «dont les fonctions initiales sont matière à questionnement. »

Philippe Allard a également la motivation de faire sortir cette œuvre des centres d’art. C’est d’ailleurs pour cette raison que le serpent a d’abord pris naissance cet automne au Centre Eaton de Montréal. « Sur le lieu du crime », avoue-t-il, faisant allusion à l’hyperconsommation que favorisent les centres d’achat.

L’expo est également porteuse de plusieurs messages, dont celui du septième continent composé, dans le Pacifique Nord, de millions de tonnes de plastique, dont l’accumulation couvre une zone grande comme six fois la France.

Bien que Philippe Allard soit catalogué comme un artiste à la conscience environnementale, son parcours est parsemé de l’exploitation de thèmes divers. «J’ai déjà travaillé l’acier recyclé et j’ai travaillé des thèmes de prédilection pour les artistes comme la mort et le parallèle entre le beau et le laid», affirme-t-il.

Heureux de pouvoir occuper l’espace qui lui ait prêté au Centropolis pour tout l’été, Philippe Allard espère toutefois que d’autres villes seront intéressées à présenter son œuvre. «Je veux faire grandir le serpent en me promenant d’une ville à l’autre », conclut-il en rappelant que seulement un neuvième des bouteilles d’eau utilisées sont recyclées.
Pour plus d’information sur l’artiste, visitez le www.all-art.ca

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