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Leçons du Japon

Transformation des déchets en énergie

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 4 juillet 2008 à 7:06
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Leçons du Japon
Le compostage ne doit pas être sacrifié à la gazéification, un procédé coûteux, mettent en garde de nombreux groupes environnementalistes. (Photo: courtoisie)
Leçons du Japon
Transformation des déchets en énergie
Une délégation de la Communauté métropolitaine de Montréal, dirigée par le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a passé quelques jours chez les Nippons, champions de la gazéification, une technologie de traitement thermique et de valorisation énergétique des déchets.
La nécessité est mère d'industrie, dit-on. Pour les Japonais, à l'étroit sur leur île, l'enfouissement des déchets ne constituait certainement pas une solution durable.

«Ils ont des usines de gazéification depuis une trentaine d'années, et le nombre le plus important d'usines en exploitation», affirme Stéphane Pineault, coordonnateur en politiques et interventions de développement de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).
Viable
La visite, à laquelle participait également d'autres maires, des élus municipaux, des fonctionnaires et des ingénieurs québécois, avait comme objectif de montrer que ce type de technologie est viable, explique M. Pineault.
Dans les villes de Chiba, Tokyo, Kawaguchi, Nagoya et Tokai, les membres de la mission ont visité des usines, rencontré des élus locaux et les dirigeants des compagnies qui ont construit les usines.

Là-bas, le gaz obtenu au terme du processus de transformation (le syngaz) est brûlé et transformé en vapeur, qui actionne les turbines d'une centrale électrique. Au Québec, l'hydroélectricité est plus propre, fait valoir Stéphane Pineault. La gazéification peut cependant devenir intéressante si le syngaz est transformé en éthanol, comme le propose l'entreprise sherbrookoise Enerkem, ajoute-t-il.

La transformation des déchets à haute température génère également un résidu solide, sous forme de granules, qui connaît des débouchés dans le secteur de la construction, complète M. Pineault.
Réflexion
«Une fois les objectifs atteints, en matière de compostage et de recyclage, il va toujours rester des résidus ultimes. Est-ce qu'on va continuer d'enfouir, est-ce qu'on exporte nos déchets ou est-ce qu'on va vers des alternatives technologiques» comme la gazéification?
Le coordonnateur résume ainsi le questionnement auquel font face les administrations municipales des cinq secteurs de la CMM. Laval, ville et MRC à la fois, représente une de ces régions.

Cette mission a permis aux élus de pousser plus avant leur réflexion, dans le but de produire un plan directeur des équipements et de technologies des matières résiduelles. La CMM s'attend à ce que chacun ait fait ses devoirs d'ici décembre 2008.
Recycler et composter d'abord
La gazéification ne fait cependant pas l'unanimité. Avant d'engloutir un milliard de dollars dans des technologies de pointe, comme le réclame la CMM, il faut être prudent, disent plusieurs groupes environnementalistes.
Les usines de gazéification sont gourmandes, et on pourrait bien être tentés d'y engloutir tous les déchets, y compris les putrescibles, qui pourraient autrement servir à produire du compost pour l'agriculture, disent-ils en substance. Par ailleurs, on navigue dans le flou quant aux impacts écologiques de telles usines, argumente-t-on.

À cet égard, la Commission sur les transports et l'environnement, qui a déposé son rapport sur la gestion des matières résiduelles le 10 juin, «favorise un moratoire sur les projets de valorisation à des fins énergétiques jusqu'à l'adoption d'un règlement pour encadrer ce procédé».

D'autre part, la même Commission recommande au gouvernement québécois de mettre sur pied un programme de financement des infrastructures de valorisation énergétique. Elle marque également sa préférence pour ce type de technologie, versus l'enfouissement.

Il faut faire tous les efforts au niveau du recyclage et du compostage, souligne cependant Stéphane Pineault. Pour une bonne raison: c'est moins cher. «Mais malgré les efforts de compostage, de plus en plus, on va atteindre la limite de ce que les gens peuvent fournir.»
On peut consulter tous les articles sur la gestion des matières résiduelles en ligne au www.courrierlaval.com.

PHOTO: Compost 060708

(Photo: courtoisie)
> Enfouissement zéro
> L'enfouissement zéro devrait faire l'objet d'un échéancier, recommande la Commission sur les transports et l'environnement, qui a déposé son rapport sur la gestion des matières résiduelles le 10 juin

> La production des matières résiduelles a cru de 46 % entre 1998 et 2006 au Québec

> Le Service de l'environnement de Ville de Laval dépense 50 % de son budget de 60 M$ par année pour la gestion des matières résiduelles

> La CMM réclame 1 G$ pour des équipements de pointe de valorisation énergétique des déchets de son territoire qui couvre la grande région de Montréal (Montréal, Rive Nord, Rive Sud)
Commission sur les transports et l'environnement, CMM, Ville de Laval

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