Nicolas Macrozonaris ne sera pas à Pékin.
(Photo: Martin Alarie)
«Je commence à accepter la situation»
Une blessure empêche Nicolas Macrozonaris d'être à Pékin
Après les Jeux de Sydney (2000) et Athènes (2004), le quadruple champion canadien au 100 m, Nicolas Macrozonaris voulait participer à ses troisièmes Jeux olympiques à Beijing, cet été. Le sprinter lavallois restera au pays.
Blessé à l’ischio-jambier, Nicolas a décidé de passer son tour en déclarant forfait aux Championnats canadiens d'athlétisme tenus récemment à Windsor. Il voyait donc son rêve de participer aux Jeux de Pékin s’envoler en fumée. Du même coup, il a été incapable de défendre son titre sur 100 mètres.
«Je commence à accepter la situation. C’est triste! Mais, les blessures font partie du sport», a philosophé l’athlète de 27 ans. «Sur le coup, ce fut un véritable cauchemar. J’étais extrêmement déçu. J’avais tellement connu une bonne saison en salle. J’avais même gagné une course en Guadeloupe», a-t-il poursuivi.
Macrozonaris a connu le meilleur début de saison de sa carrière en mai dernier. Cependant, il a ressenti une légère douleur à la cuisse gauche lors de son séjour en Guadeloupe. L'inconfort n'a jamais disparu et s'est transformé en tendinite.
«J'ai le sentiment de laisser tomber plusieurs personnes qui veulent me voir réussir. Je voulais tellement être à Pékin», a-t-il admis. «C’est une blessure bizarre. Je peux courir une course, mais ça me prends quatre jours pour récupérer. Ça m’a effleuré l’esprit de courir aux nationaux. Mon médecin et moi avons décidé de ne pas participer aux Championnats canadiens. Je devais courir trois fois jusqu’en finale pour tenter de me qualifier pour les Jeux. J’aurais pu avoir une fracture de stress», a ajouté le quadruple champion canadien de la ligne droite.
Après la Guadeloupe, Nicolas s’est rendu en Europe afin de tester sa blessure. Il tentait aussi de réaliser les standards olympiques. «J’ai réalisé un 10,79 avec un fort vent négatif à Belgrade, le 29 mai, avant de faire un 10,48 et un 10,38 lors de compétitions en Grèce début juin», a-t-il indiqué. «J’étais capable de courir une fois dans la journée, mais après, j'avais beaucoup de difficulté à marcher. J’avais besoin de quatre jours pour récupérer», a-t-il insisté.
Et le relais canadien
Nicolas aurait pu tenter sa chance de percer l’alignement du relais 4 X 100 m. «Je suis réaliste. Je suis seulement intéressé à bien faire. Je ne mérite pas de faire la compétition ou de faire partie de l'équipe olympique si je suis incapable de courir plus d’une épreuve.»
Pas question de retraite
Même s’il a connu des années creuses depuis quelques années, Nicolas n’a jamais songé à la retraite. «Même si les Jeux de 2012 à Londres sont dans quatre ans, il n’écarte pas la possibilité de courir jusque là. «C’est très loin. On ne sait jamais ce qui peut se passer.»
Malgré les déboires des dernières années, Nicolas prétend avoir la mémoire courte. «Je dois tourner la page rapidement et oublier. Je ne peux pas me laisser décourager. J’ai entrepris ma réadaptation et je vais m’entraîner en gymnase. Je veux reprendre les compétitions dès que je serai en santé», a admis celui qui regardera les Jeux à la télévision. «Je serai peut-être plus affamé après les Jeux», a-t-il conclu.