Le funambule Audrey Ivaknenko sait autant dérider qu'épater.
(Photo: Martin Alarie)
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Douce folie avec Maboul
Devant, un intérieur d'usine aux murs métalliques, des barils d'huile usée dans un coin, des casiers et un escalier suspendu dans un autre, ainsi qu'une poupée Victor, emblème du Festival Juste pour rire, qui attend que la folie Maboul déferle sur la salle et son public.
La fumée annonce l'entrée des employés de ce drôle de cabaret. En file indienne, déjà costumé, chaque artiste poinçonne sa carte à l'horodateur. Jamais quart de travail n'aura passé aussi rapidement!
Dès le départ, Stéphane Crête sait imposer son rythme à la mise en scène. Le champion de diabolo, Tony Frebourg, mérite des «Bravo!» bien sentis chez le public de tous les âges, sous une musique mariant opéra et techno. Pendant une heure trente, les numéros vont se succéder sans heurt, rythmés par les apparitions loufoques de Court-Circuit. Christophe Loison, qui se considère «un joyeux bricoleur», deviendra tour à tour vacancier sur la plage, mariée dans une robe de papier-bulle, sapin de noël et entraîneur de chevaux volants.
Le quatuor des Chicos Mambos fera également plusieurs apparitions, s'amusant à caricaturer bal de mariage, compétition de danse sociale et gymnastique rythmique, avec une théâtralité directement inspirée des numéros de Drag Queen.
Pour les yeux
Tous se souviendront de l'originalité du clown et jongleur Jamie Adkins. L'artiste, qui nous présentait son Circus Incognitus en mars dernier, a prouvé que le génie est tout simple et peut résider dans une cymbale, une caisse claire et un simple ustensile pigé dans le tiroir d'une cuisine.
L'aura précédé les sculptures humaines en apesanteur de l'équilibriste ukrainien Alexander Veligosha, qui a proposé un ballet aérien tout en force et souplesse; ainsi que l'humour sous forme d'hérissson rouge du funambule Audrey Ivaknenko et ses frasques délurées sur fil de fer.
Mentionnons aussi les tours de force épatants de Natalia Leontieva et son houla-hoop sur ballon géant, du duo de danseurs Junior et Crazy C, rivalisant d'énergie dans leurs chorégraphies de break-dance, d'Anatoli Zalewski, dont le Pierrot descend sur Terre, le temps de nous laisser bouche bée de la seule puissance de son corps contre une pastille lunaire, et du contorsionniste Artium Riis, qui sait nous couper le souffle, à s'introduire dans une boîte.
Demain, le monde
Peu de détails sont négligés dans ce spectacle plus cirque que cabaret. Si les numéros de voix n'ont pas l'impact des autres, l'efficacité remarquable de la majorité des artistes, en symbiose quasi totale avec leurs musiques et éclairages, promet une belle carrière à cette deuxième tentative de Juste pour Rire du côté d'un gala visuel, destiné à toute la famille. Le contremaître Crête peut certes dire «bonne job!» à son monde.
Mis en scène par Stéphane Crête, le cabaret Maboul se termine le dimanche 20 juillet à la Salle André-Mathieu (475, boulevard de l'Avenir). Information: 450 667-2040.
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