Le Chevalier noir
Tel qu’annoncé à la fin de l’opus précédent, Batman doit maintenant affronter le Joker. Criminel faisant la plupart du temps cavalier seul, le Joker se révèle, être à la mafia ce que Batman est aux forces de l’ordre. Entre les deux, Gotham City se voit prise en otages.
«Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film», disait Alfred Hitchcock. Une théorie qui nous vient immédiatement en tête à la vue des deux Batman réalisés par Christopher Nolan. D’un côté, l’épouvantail de Batman Begins qui prend ses jambes à son cou dès qu’une femme brandit un taser. De l’autre, le Joker de The Dark Knight qui terrorise à lui seul une ville entière. L’écart entre les deux personnages et, au risque de déplaire, entre les deux films est tel qu’on a peine à percevoir un fil conducteur entre les deux œuvres. Il en va de même en ce qui a trait à la qualité du récit. Non seulement l’intrigue de ce second film est plus corsée, mais la psychologie des personnages -- l’une des principales forces des histoires du héros -- est davantage développée.
Campé avec brio par Heath Ledger, qui personnifie le Joker, réussit pour sa part à s’affranchir de l’icône créée il y a une vingtaine d’années par Jack Nicholson. Bien que très différentes, les deux interprétations auront tout de même en commun d’avoir totalement éclipsé le chevalier noir.
Seule ombre au tableau: le tableau lui-même. En effet, la Gotham City de Nolan fait piètre figure aux côtés des décors gothiques de l’époque Burton. À la défense du premier, avouons que les occasions de contempler le paysage sont cependant bien peu nombreuses…
The Dark Knight – États-Unis, 2008 – de Christopher Nolan avec Christian Bale et Heath Ledger. (152 minutes) 8/10
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