Un été sans point ni coup sûr
Été 1969. Martin et ses amis rêvent de faire partie de l'équipe de baseball du quartier, mais ne sont pas sélectionnés. À contrecœur, le père de Martin va entreprendre les démarches nécessaires afin de leur permettre de former une équipe B.
Soyons francs, ces quelques matchs de baseball ponctués du premier homme sur la Lune et du Festival de Woodstock ne sont qu’une toile de fond servant de prétexte à un rapprochement père/fils. Ainsi, c’est en troquant le rôle de père pour celui de coach que le personnage de Patrice Robitaille va faire vibrer sa fibre paternelle… possiblement pour la toute première fois.
Il y a un peu de C.R.A.Z.Y. dans Un été sans point ni coup sûr. Il y a aussi pas mal de Histoire de famille, mais il y a surtout du Francis Leclerc: une mise en scène sobre qui demeure au service du récit, mais qui est ponctuée par endroits de quelques pastiches de pellicules d’époque. Avec son dernier long métrage, Leclerc ne réinvente pas la roue – ce n’est nullement l’intention d’ailleurs –, mais il accouche néanmoins d’une sympathique tranche de vie issue de la Révolution tranquille, laquelle saura plaire aux nostalgiques.
Un mot sur Patrice Robitaille qui, dans le rôle de ce père dépassé par les événements, nous offre ici une performance empreinte à la fois d’un détachement et d’un malaise servant merveilleusement bien le personnage. Une retenue presque totale de la prestance à laquelle il nous a habitués.
On ne saurait conclure sans mentionner ce clin d’œil aux Lavallois: alors que le père lit son journal, on peut remarquer à l’endos de celui-ci une manchette annonçant la construction imminente du Métro de Laval. Délicieux!
Un été sans point ni coup sûr – Québec, 2008 – de Francis Leclerc avec Pier Luc Funk et Patrice Robitaille. (104 minutes) 7/10
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Guy Lavoie
Commentaire mis en ligne le 27 décembre 2009A propos de la cremerie: en 1969 cette cremerie éxistait bien, mais s'appelait Saint Aubin, le nom La Marquise date de plus tard. Il s'agit donc d'une "erreur d'épqoue" dans le contexte du film. Cela dit, on appèle cet endroit "le gros cornet" et j'aime bien y aller de temps a autre!