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Le financement public des incubateurs teintera leur prochain congrès

par Stéphane St-Amour
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Article mis en ligne le 15 août 2008 à 12:45
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Le financement public des incubateurs teintera leur prochain congrès
La décision du gouvernement conservateur de couper les vivres aux organismes à but non lucratif (OBNL) a provoqué une onde de choc dans tous les secteurs d'activités touchés et les incubateurs d'entreprises sont au nombre des victimes.
Le Réseau canadien d'incubation pour entreprises, mieux connue sous la dénomination sociale de la Canadian Association of Business Incubation, qui tiendra d'ailleurs son 17e congrès annuel à Laval, fin septembre, a bien l'intention de débattre de la question du financement public au cours de ce grand rassemblement.
Soutien financier essentiel
Hôte de cet événement, le directeur général du Centre québécois d'innovation en biotechnologie (CQIB), Normand de Montigny, soutient que la pérennité des incubateurs d'entreprises dépend en partie du soutien financier des gouvernements.
«Nous sommes partie prenante de la chaîne de création de valeur au Québec comme au Canada», fait-il valoir. Le retour sur leur investissement est fort bien documenté».

Il réfère ici à l'impact économique que génèrent les entreprises graduées des incubateurs. Qu'on pense aux emplois de qualité créés, à la masse salariale, aux investissements dans la recherche, le développement, l'innovation et les équipements et aux impôts des sociétés et des particuliers.

«Ailleurs dans le monde, les États supportent de façon importante les incubateurs d'entreprises», insiste M. de Montigny. Il souligne qu'en Europe, on les soutient souvent à hauteur de 60 à 70 %.

L'importance de l'implication de l'État l'est d'autant plus dans un contexte de délocalisation des emplois manufacturiers vers l'Asie, alors que la nouvelle économie devient la voie à privilégier pour créer de la richesse et des emplois, estime le patron du CQIB.

Toujours selon le principal intéressé, les incubateurs constituent un moyen essentiel pour relever ce défi de l'innovation et, en ce sens, il incombe plus que jamais aux gouvernants d'établir des politiques de développement économique visant justement à soutenir l'émergence de ces sociétés innovantes.
De solides assises
Au Québec, le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation exige des incubateurs d'entreprises un niveau d'autofinancement de 30 % à leur deux premières années d'exploitation, puis de 35 % pour les années subséquentes.
Fort de puissantes assises, le CQIB, lui, s'autofinance à hauteur de près de 60 %.

En 2007, l'incubateur spécialisé en biotechnologie franchissait le cap du million de revenus annuels autogénérés. D'autres avenues ont depuis été développées afin de financer ses opérations, notamment l'exportation de son savoir-faire (voir autre texte) à l'international.

Dans la même veine, une nouvelle plateforme multisites entraînera de nouvelles sources de revenus grâce à une entente intervenue avec les technopôles Angus et Ville-Marie, à Montréal. Dans chacun des cas, le CQIB supportera les entreprises en démarrage dans les deux centres de recherche qu'on prévoit construire sous peu.

Par ailleurs, la direction annoncera sous peu de nouveaux partenariats financiers de nature institutionnelle et privée, alors que les administrateurs planchent déjà sur le plan de développement stratégique 2010-2012 qu'ils entendent adopter dès janvier prochain.
On garde espoir
Bref, la situation financière a beau être saine et sous contrôle, le fait demeure qu'en 2010, le CQIB subira un trou de 400 000 $ dans son budget, somme équivalente à la contribution annuelle que le gouvernement fédéral avait l'habitude de renouveler depuis la création du CQIB, en 1995.
Contrairement à la plupart des OBNL à qui les Conservateurs ont subitement retiré l'aide financière, le Centre québécois d'innovation en biotechnologie profite d'un retrait progressif de Développement économique Canada (DEC), un privilège accordé exceptionnellement aux organismes jugés essentiels et ayant présenté un plan de rechange crédible pour compenser la perte financière en provenance d'Ottawa.

Normand de Montigny est toujours en discussion avec le gouvernement Harper et demeure confiant d'en arriver à une entente qui permettrait de reconduire le financement du fédéral dans les opérations des incubateurs d'entreprises à travers le pays.

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