Les cyclistes lavallois interrogés sont unanimes: le réseau idéal doit être pratique, sécuritaire, et permettre de faire du vélo un moyen de transport. Laval est encore loin de la note parfaite.
(Photo: Martin Alarie)
Laval sous la loupe de quatre cyclistes
De nombreux adeptes du vélo ont réagi aux articles portant sur le réseau de voies cyclables lavallois parus dans nos pages au cours des dernières semaines. Critiques, mais constructifs, quatre d'entre eux ont livré leurs états d'âme au Courrier Laval.
Mylène Fugère a 26 ans et vient d'aménager dans une maison d'un quartier central, à Chomedey. Étudiante en ingénierie, elle utilise son vélo pour se rendre à des rendez-vous, faire des emplettes et pour visiter sa mère, à Montréal-Nord.
Elle a d'ailleurs vérifié, avant l'achat de sa maison, si elle pouvait se rendre facilement à Montréal à partir du réseau cyclable de Laval. Elle utilise fréquemment le tronçon nord-sud de la Route-Verte, mais se risque de temps en temps à opter pour un itinéraire moins sécuritaire, par Saint-Martin et le pont Viau, pour gagner du temps.
«Il faut plus d'axes nord-sud et est-ouest», constate-t-elle. Elle donne l'exemple de la banlieue de Vancouver, où la majorité des voies se «raccrochent», où il est facile d'aller du point A au point B. Ce n'est pas le cas à Laval, dit-elle.
Pas convivial
Stéphane Rousseau, 44 ans, résident de Duvernay, fait entre 3000 et 4000 kilomètres de vélo par année. Ancien triathlète, il utilise ses différents vélos pour faire du cyclotourisme et comme moyen de transport, pour se rendre au travail, notamment.
Tout comme Mme Fugère, il estime que le réseau lavallois n'est pas très convivial pour qui choisit le vélo comme moyen de transport. «La route [Route Verte] nord-sud ne me sert à rien pour aller à mon travail, illustre cet enseignant de l'école secondaire Saint-Martin, dans le vieux Chomedey. Je prends les grands boulevards.»
Nul besoin d'investir des sommes faramineuses pour développer le réseau existant, croit-il. «Une bande peinte de chaque côté de la route prend moins de place», suggère-t-il en guise d'alternative aux voies bidirectionnelles localisées sur un seul côté de la route.
Au-delà de l'aménagement, M. Rousseau note, depuis son récent retour d'Islande, la mentalité réfractaire aux cyclistes de plusieurs automobilistes d'ici. Un mois passé là-bas à pratiquer le vélotourisme l'a convaincu. «J'entendais le bruit d'un camion qui rétrograde, qui ralentit derrière moi. On me laissait de la place, on klaxonnait et m'envoyait la main. C'est une mentalité différente.»
La sécurité d'abord
Stephen Charbonneau, 42 ans, résident de Sainte-Rose, enfourche sa bicyclette pour l'entraînement, les emplettes et les loisirs. Il aimerait bien l'utiliser pour se rendre à son travail, sur le boulevard Lite, à Saint-Vincent-de-Paul. Impossible de le faire de façon sécuritaire, conclut-il.
Comme les autres cyclistes interrogés, il déplore le manque d'axes principaux, du nord au sud comme de l'est à l'ouest. Développer le réseau davantage est important, «mais il faut que ce soit bien fait, prévient-il. Une piste bien aménagée comme la Route Verte, c'est bien pensé. Il ne s'agit pas juste de mettre des lignes par terre. Il faut des bornes, car les voitures ont tendance à se diriger vers la piste.»
Selon M. Charbonneau, la volonté politique n'est pas encore au rendez-vous. «Le boulevard Saint-Martin, par exemple, est en réfection. Mais rien n'est pensé pour les cyclistes.»
L'ouest mal desservi
Benoit Tremblay est un autre de ces nombreux lavallois qui utilisent leur vélo plusieurs mois par année pour aller travailler à Montréal. Le réseau idéal? «Celui qui permet de vaquer à ses occupations en utilisant de façon sécuritaire le vélo comme moyen de transport.» Il faut également prévoir des supports à vélo sur tout le réseau, souligne-t-il.
Résident de l'ouest de l'île, M. Tremblay se désole des nombreuses discontinuités dans son secteur, où les points d'intérêt (traversier de L'île-Bizard, bibliothèque, gare de train, etc.) ne sont pas reliés entre eux.
PHOTO: cyclistes interviews
(Photo: Martin Alarie)