Cynthia Roy se présente dans Alfred-Pellan sous la bannière du NPD.
(Photo: courtoisie)
Le NPD, sauce locale
Cynthia Roy, candidate néo-démocrate dans Alfred-Pellan
«C'est vraiment mon parti. On dirait que le programme a été écrit pour moi». Quoique les étiquettes «gauche» et «droite» lui semblent galvaudées, Cynthia Roy, candidate néo-démocrate d'Alfred-Pellan se réclame de la gauche, et défend ses opinions avec rigueur et conviction.
Cynthia Roy est native de Salaberry-de-Valleyfield et résidente de Mirabel. Le manque de racines lavalloises n'empêche pas la jeune mère de 26 ans de parler spontanément des enjeux de la circonscription qu'elle convoite.
À travers la lunette du NPD, elle aborde la question des poches de pauvreté et des lacunes du transport collectif dans l'est de l'île. La communauté et les citoyens sont des mots qui reviennent souvent dans son discours.
Mme Roy s'est convertie en 2005, quand le NPD, qui détenait alors la balance du pouvoir face aux libéraux, a forcé ces derniers à faire marche arrière relativement à un allègement fiscal de 4,6 G$ accordé aux entreprises, et à réallouer cette somme au logement abordable, au transport public, à l'économie d'énergie et la protection du revenu.
C'est sous cette bannière que la jeune femme a brigué les suffrages pour la première fois, dans Beauharnois-Salaberry, en 2006. Elle avait alors récolté 7,5 % des votes.
L'environnement d'abord
Fraîchement sortie du Barreau, diplômée en biologie de la faune, elle donne à l'environnement la priorité, dans la campagne actuelle. Pourquoi ne pas avoir choisi le Parti Vert? Parce que leur plateforme se limite trop à l'environnement, répond-elle. Et parce qu'il propose des politiques «à droite», comme l'augmentation du prix de l'essence.
«Il faut augmenter le financement du transport en commun, car sinon les gens ne l'utilisent pas. Dans Alfred-Pellan, les gens n'ont souvent pas le choix de prendre leur voiture. L'essence gruge alors de façon importante leur revenu.»
Elle donne un autre exemple: «Sur la ligne de Saint-Jérôme, on a le choix entre quatre trains, le matin. Je n'ai pas la flexibilité. Alors je prends la voiture.» Elle déplore l'absence d'une ligne de train de banlieue dans la portion est de l'île Jésus, alors que le tracé du futur train de l'est passera notamment par Terrebonne et Mascouche, en évitant Laval. «Je ne vois pas comment on peut complètement évacuer une ligne de train dans ce secteur.»
«Le programme [environnemental] du NPD est plus complet. Il vise les entreprises. Par exemple, par des nouvelles normes de construction des véhicules, de l'aide financière pour les voitures hybrides, ou des subventions aux technologies vertes. Greenpeace a donné la note A au programme du NPD, en 2004.»
Sur le plan de la lutte contre la pauvreté et la criminalité juvénile, sensible dans la circonscription, l'équation est simple, selon Mme Roy. «Plus on intervient tôt, moins on a de chances de tomber dans la criminalité juvénile.» Une position qui est aux antipodes de celle des conservateurs à l'égard des jeunes contrevenants. L'action préventive doit prendre forme en amont, dit-elle, par une concertation avec les organismes locaux.
La candidate aborde par ailleurs le thème moins fréquent de la démocratie. «J'aimerais intéresser plus de gens à s'impliquer via des rencontres citoyennes, écouter ce qu'ils ont à dire, encourager une citoyenneté plus active.»