Cinq candidats dans la présente campagne fédérale ont croisé le fer, mardi, devant quelque 400 étudiants du cours Vie politique du Collège Montmorency.
(Photo: Martin Alarie)
Des candidats débattent devant des étudiants du cégep
Dans le cadre du cours Vie politique
Le conservateur Jean-Pierre Bélisle, la bloquiste Nicole Demers, la libérale Alia Haddad et le néo-démocrate Alain Giguère, candidats dans le comté de Laval, de même que le candidat vert dans la circonscription voisine d'Alfred-Pellan, Tristan Desjardins-Drouin, avaient rendez-vous, mardi après-midi, à la Salle André-Mathieu pour débattre des enjeux de la présente campagne fédérale qui connaîtra son dénouement le 14 octobre.
Initié en collaboration avec le Service des affaires étudiantes du Collège Montmorency et le Forum jeunesse Laval, cet exercice démocratique qui s'inscrivait dans le cadre du cours Vie politique donnait l'occasion aux candidats de faire valoir leurs idées, mais visait surtout à rapprocher le discours politique de la classe estudiantine.
Les favoris
Le représentant du Parti vert, Tristan Desjardins-Drouin, a eu droit aux applaudissements les plus nourris lors de la présentation des candidats, lui qui se trouvait en pays de connaissance, étant lui-même étudiant au cégep, inscrit en Technologie du génie civil.
S'il partait avec une longueur d'avance, le jeune candidat n'a pas déçu ses pairs, affichant une rare maîtrise de ses dossiers et, malgré ses 19 ans, un aplomb digne d'un vétéran de la politique. D'entre tous, c'est d'ailleurs celui qui a été le plus efficace à résumer ses idées dans les deux minutes réglementaires, dont disposaient les candidats pour exposer les grandes lignes de leur parti respectif, pour chacun des quatre thèmes au programme.
Le discours de la députée bloquiste sortante, Nicole Demers, a également trouvé écho auprès des étudiants présents, qui lui ont d'ailleurs bruyamment manifesté leur appui à deux reprises au cours du débat.
Justice et jeunesse
Le thème traitant de la justice et de la jeunesse est sans conteste celui qui a suscité les réactions les plus passionnées, alors que l'engagement de Stephen Harper de renforcer la Loi sur les jeunes contrevenants a pris à peu près toute la place.
Le candidat néo-démocrate, Alain Giguère, a donné le ton, en dénonçant le Parti conservateur à qui il reproche de s'en prendre aux jeunes délinquants au lieu de s'attaquer à la grande criminalité, à savoir les narcotrafiquants. «Ce sont ceux qui génèrent la violence et la criminalité qu'on doit mettre en prison», déplorant que les grands importateurs de drogues s'en tirent avec des sentences trop légères, dont ils sont libérés au sixième de leur peine.
Pour marquer le coup, M. Giguère a évoqué le sort de l'enfant-soldat Omar Khadr, né à Toronto en 1986 et «embrigadé par son père à 11 ans», qui croupit depuis l'âge de 15 ans dans la prison américaine de Guantanamo, pour avoir tué en 2002 un soldat américain dans une fusillade en Afghanistan.
La députée bloquiste, Nicole Demers, s'est aussi élevée contre le renforcement de la Loi sur les jeunes contrevenants, qualifiant «d'obscurantiste et de rétrograde» la proposition des conservateurs de permettre aux juges de condamner à la prison à vie un jeune Canadien de 14 ans coupable de meurtre.
«Au Québec, on enregistre annuellement en moyenne trois crimes graves commis par des jeunes contre 26 crimes en Alberta, une province deux fois moins populeuse, mais où les armes à feu circulent librement. C'est huit fois plus qu'au Québec”, a-t-elle fait valoir, attribuant cet état de fait aux politiques québécoises axées sur la prévention et la réhabilitation.
Candidate libérale prônant la réhabilitation plutôt que la répression, Alia Haddad a laissé parler son coeur «de mère de famille et d'enseignante» pour décrier de nouvelles dispositions à la loi qui permettrait d'«emprisonner des enfants de 14 ans avec des criminels endurcis».
Face à un auditoire plutôt hostile, le candidat conservateur Jean-Pierre Bélisle a fait valoir que cet engagement de revoir la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents vise essentiellement à protéger la société contre des récidivistes notoires et de sévir en fonction de la gravité des crimes commis. M. Bélisle a aussi indiqué que le Parti conservateur agissait en amont, donnant pour preuve l'enveloppe de 16 M$ finançant un programme de prévention auprès des jeunes les plus à risque.
Se positionnant également contre l'emprisonnement des jeunes délinquants, Tristan Desjardins-Drouin est le seul des cinq candidats à s'être exprimé sur l'importance de l'éducation dans ce volet «justice et jeunesse».
«Nous, au Parti vert, on veut rétablir les Bourses du Millénaire abolis par les conservateurs». Selon lui, «le plus beau cadeau qu'on puisse faire aux jeunes» est de leur faciliter l'accès aux études supérieures. Et pour les encourager à persévérer dans leur programme d'études, il propose de réduire de 50 % leurs dettes de prêts et bourses à l'obtention de leur diplôme.