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Des travaux illégaux en rive sont monnaie courante

Nathalie Villeneuve par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 10 octobre 2008 à 18:20
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Chaque année, les berges et le littoral des rivières lavalloises sont remblayées illégalement. Sur notre photo: une berge naturelle, à Laval-Ouest. (Photo: Maya)
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Des travaux illégaux en rive sont monnaie courante
Les temps ont changé. On ne fait plus, comme il y a 30 ou 40 ans, des travaux en rive sans avoir l'aval des autorités compétentes. À l'ère de la conscience environnementale, villes et gouvernements provincial et fédéral veillent à la protection des cours d'eau et de leur faune. Pourtant, les remblais illégaux sont courants.
Le week-end dernier, un propriétaire de Fabreville a procédé au remblayage et au nivelage de son arrière-cour, dans la bande riveraine et dans le littoral de la rivière des Mille Îles. Les vingt à trente voyages de terre (selon l'estimation de la Ville) convoyés sur place se transforment maintenant en un tas d'ennuis pour le riverain.

Sommé de remettre son terrain en état par la municipalité, il devra également composer avec les agents de protection de la faune du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, qui agissent à titre de mandataires pour protéger l'habitat du poisson, une juridiction fédérale.
Chaque année
Quoiqu'on ne puisse présumer des intentions de ce propriétaire particulier (le Courrier Laval a tenté d'entrer en contact avec lui sans succès), plusieurs autres riverains de Laval ignorent ou enfreignent sciemment les règlements et les lois en vigueur en procédant à des travaux similaires.
«On a plusieurs cas par année», témoigne François Brazeau, lieutenant-chef de service du bureau de protection de la faune de Saint-Jérôme, qui inclut Laval dans son territoire. La rivière des Mille Îles, notamment, est victime de plusieurs contrevenants.

«On fait des visites, des inspections, on prend des photos, on valide la conformité des travaux autorisés», explique le lieutenant. Les patrouilles régulières permettent de constituer une banque d'information à laquelle le Ministère peut se référer, pour confirmer une infraction.

Elles servent en outre à faire un travail de sensibilisation des riverains. À cet égard, l'équipe de M. Brazeau travaille régulièrement en collaboration avec l'organisme lavallois Éco-Nature, qui veille depuis deux décennies sur le patrimoine des îles et des berges de la rivière des Mille Îles.

«On fait de plus en plus de suivi», dit François Brazeau. C'est une de nos priorités.» Malgré les efforts de sensibilisation d'Éco-Nature et de la Ville, des cas s'ajoutent, chaque année, corrobore Richard Pelletier, biologiste du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval.

Selon M. Pelletier, le gouvernement du Québec a pelleté dans la cour des municipalités une responsabilité qui devrait lui incomber. «La municipalité doit faire respecter la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables, mais les gens ne font pas toujours la demande de permis, et le mal est fait. Le Ministère doit quand même ouvrir les yeux et tenir le rôle de gardien des berges.»
Habitat du poisson
Comment un remblai de quelques mètres dans la bande riveraine ou dans le lit de la rivière peut-il avoir un impact? Lorsque les travaux sont faits dans l'eau, «l'impact est assez important, car beaucoup de poissons ont leurs frayères sur le bord», explique François Brazeau.
Les effets se font sentir à plusieurs niveaux. La bande riveraine joue le rôle d'éponge lors des crues et ses végétaux protègent des effets de l'érosion. Quand les matériaux de remblais sont importés dans le littoral, ils colmatent les frayères. Ils compromettent également l'alimentation, la croissance et les abris des jeunes poissons.

Finalement, «il y a une perte d'habitat carrément, résume M. Brazeau. Sans compter les effets sur les algues bleues, lorsqu'on supprime les effets filtrants des plantes aquatiques».

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