La députée bloquiste Nicole Demers réélue. (Photo:Martin Alarie)
Nicole Demers réélue dans Laval
La libérale Alia Haddad termine seconde avec 28 % du vote
La députée bloquiste Nicole Demers a été réélue, hier, pour un troisième mandat dans Laval, devançant la candidate libérale Alia Haddad par moins de 5000 voix sur les 50 000 suffrages validés.
De ses trois victoires électorales, il s'agit de «la plus satisfaisante», a déclaré celle qui a récolté 37,7 % des votes. À sa première campagne, en 2004, Mme Demers avait obtenu 50,1 % du vote, puis 44,4% en 2006.
«Ce fut très difficile cette fois-ci», a-t-elle reconnu dans l'heure qui a suivi sa réélection, référant à la «campagne agressive» qu'a menée à son endroit le candidat conservateur Jean-Pierre Bélisle. «Il était très avide d'avoir le poste, il avait l'appui du maire Gilles Vaillancourt et on le présentait comme ministrable dans un gouvernement conservateur».
Reste qu'au dépouillement des suffrages, la lutte s'est faite avec la candidate libérale qui menait après les 16 premiers bureaux de votation. Ce n'est que 90 minutes après la fermeture des bureaux qu'Élections Canada confirmait la victoire de Nicole Demers.
«Malgré l'acharnement des autres partis à remettre en question notre présence à Ottawa, les gens nous ont préféré et continuent de nous faire confiance. Je pense que c'est clair, maintenant», a-t-elle dit en évoquant la pertinence du Bloc québécois à la Chambre des communes.
Haddad heureuse
Au lendemain du scrutin, Alia Haddad se disait «très contente» de sa campagne et du résultat, elle qui a réduit de moitié la majorité des 10 000 voix qui la distançait de Nicole Demers en 2006.
«Nous, les libéraux, on s'est fait tasser par les conservateurs qui annonçaient qu'au Québec, ça se jouerait entre eux et le Bloc québécois», dit-elle, fière d'avoir consolidé sa seconde place de 2006 avec plus de 5000 voix sur le candidat conservateur Jean-Pierre Bélisle, dont elle a dénoncé la «campagne d'intimidation» des cinq dernières semaines.
Incidemment, les candidats conservateurs ont tous terminé troisièmes dans chacune des quatre circonscriptions de l'île Jésus, derrière les bloquistes et libéraux.
«Je félicite Nicole pour sa campagne et sa victoire», a terminé la candidate libérale, assurant qu'elle sera de nouveau de la course à la prochaine campagne fédérale sous la bannière libérale dans Laval.
Bélisle en réflexion
Terminant troisième avec seulement 18 % des suffrages exprimés, le conservateur Jean-Pierre Bélisle tentait d'expliquer, tard hier soir, les résultats du vote. «On a éprouvé beaucoup de difficultés à bien communiquer notre plateforme au Québec; il aurait fallu l'expliquer avec plus de passion et plus d'émotion», a-t-il dit, concédant que les dossiers sur la culture et les jeunes contrevenants leur avait «fait mal».
Quant à sa propre campagne, il ne nourrit aucun regret. «J'ai fait tout ce que j'avais à faire; j'ai été 37 jours sur le terrain, je n'aurais pas pu être plus présent», commente-t-il, convaincu jusqu'à la toute fin qu'il allait «très bien performer» le jour du vote.
A-t-il l'intention de renoncer à la vie politique? «J'en ai pour l'instant aucune idée. Je vais prendre quelques jours pour penser à tout ça!», déplorant que les Lavallois aient choisi le statut quo plutôt que d'être représentés «à la table des décisions».
Giguère serein
Par rapport aux résultats de la dernière élection fédérale dans Laval, le nouveau Parti démocratique (NPD) est la formation politique qui a connu la meilleure croissance avec une hausse de 4,3 points de pourcentage, ce qui s'est traduit par 12,5 % des voix exprimées, soit 6318 votes.
«À l'échelle nationale, on est le seul des trois partis de l'opposition à avoir amélioré sa performance en termes de sièges et de pourcentage des votes», a mentionné le candidat néodémocrate Alain Giguère qui espérait tout de même mieux pour le Parti qu'il défendait dans une 7e campagne électorale.
Il n'avait que de bons mots à l'endroit des candidats qui ont brigué les suffrages dans le comté Laval. «Les électeurs ont eu droit à une belle brochette de candidats, tous très impliqués dans la communauté, et je demeure convaincu que tous auraient fait un excellent député. Cela dit, Nicole Demers saura représenter tous les citoyens du comté, et particulièrement ceux qui en ont le plus besoin», a enchaîné M. Giguère.
Par contre, il s'est fait beaucoup plus critique à l'égard de la classe politique en générale, alors qu'il aurait souhaité une campagne moins «négative», ce qui expliquerait, selon lui, le faible taux de participation des électeurs canadiens qui se situe sous le seuil des 60 %. «On disait aux gens contre qui voter au lieu de mettre l'accent sur les programmes et les véritables enjeux de la campagne».