Le philosophe, vulgarisateur scientifique et humaniste Albert Jacquard a partagé sa vision de l'humanité avec une Salle André-Mathieu remplie à pleine capacité.
(Photo: Martin Alarie)
L'humaniste Albert Jacquard fait salle comble
Regard sur l'humain et la planète
Le célèbre humaniste français Albert Jacquard a partagé son regard sur l'humain et la planète avec une Salle André-Mathieu remplie à pleine capacité, dans le cadre de la Quinzaine des sciences du collège Montmorency.
Le scientifique est venu diffuser la lucidité du grand-père. «Notre planète ne va pas mal. C'est l'humanité qui va mal. Il y a assez pour nourrir jusqu'à 8,5 milliards d'humains. Nous devons faire l'inventaire des ressources de la Terre et partir de cette conviction: tous les humains sont égaux. Personne n'est propriétaire des ressources. Elles appartiennent à tout le monde», confiait Albert Jacquard au Courrier Laval, la veille de sa conférence du 4 novembre.
Pour illustrer le bien-fondé de son «utopie», Albert Jacquard montre en exemple les chefs d'œuvres de l'art universel. Un modèle semblable à celui de l'UNESCO pourrait sauver l'humanité. «Les cathédrales, les pyramides, la Joconde sont à tous les hommes. Pourquoi en serait-il autrement avec la nourriture et le pétrole?»
Crise ou mutation?
«Ce qui se passe à Wall Street depuis cet été est grotesque. Arrêtons-nous! Nous avons la chance de constater que cette structure [capitalisme] a échoué. Pourquoi ne pas essayer une autre structure? Nous ne vivons pas une crise. Nous vivons une mutation de notre monde. Les jeunes auront à bâtir ce monde nouveau, et non perpétuer l'ancien.»
Religion et science
Sur les bouleversements sociaux qu'apporte le choc actuel des religions, M. Jacquard est clair: «Il faut accorder la parole aux musulmans les plus ouverts et ne pas s'enfermer dans une définition unique. Un extrémiste chrétien ne vaut pas mieux qu'un islamiste.»
«Il faut départager la science et la technique. Alors que la science porte un regard lucide sur le monde, la technique ne vise que l'efficacité. Mais E= MC2, c'est merveilleux, mais la bombe atomique, c'est désastreux. Il faut réfléchir et user de morale avant de faire la science.»
Rencontrer l'autre
Pour Albert Jacquard, la solution réside dans une révolution de nos systèmes d'éducation. «Nous devons apprendre aux enfants à vivre ensemble, dans un milieu sans compétition. C'est à travers la rencontre de l'autre que nous nous formons. Sinon, nous ne sommes qu'un vulgaire tas de protons et neutrons.»
Le savant résume cette pensée en une simple phrase: «Mieux vaut une réussite solidaire qu'un exploit solitaire.»
Rappelons qu'Albert Jacquard est un grand spécialiste de la génétique et de la biologie humaine. Il a longtemps agi à titre d'expert en génétique auprès de l'Organisation mondiale de la santé. Il est l'auteur de 38 volumes, dont Mon utopie, Cinq milliards d'hommes dans un vaisseau, L'explosion démographique et La science à l'usage des non-scientifiques.
Carl Giasson
Commentaire mis en ligne le 25 novembre 2008Réflexions sur la pensée d’Albert Jacquard sur l’homme et la planète diffusée le 4 novembre à la salle André-Matthieu de Laval.
« Mieux vaut une réussite solidaire qu’un exploit solitaire !... »
Cela veut dire « qu’il vaut mieux être du nombre des sots que d’être seul contre tous. »
« Accorder la parole aux Musulmans dans l’enseignement » , c’est donner le même droit à l’erreur qu’à la vérité.
« Laisser s’islamiser l’Europe » serait imposer à nos peuples (en oubliant les liens inextricables qui unissent l’Europe et le christianisme, une situation contre nature qui porterait en germe des siècles de conflits.
Se fier sur la science pour connaître la Vérité, c’est se méprendre gravement sur la science de la vertu. Le but de l’évolution des cyprès, l’origine du monde, de la laïcité, est le rejet de Dieu, et conduit à l’athéisme et au panthéisme. On est loin de la recherche de la Vérité qui est le but de l’intelligence.
Si sans la rencontre de l’autre nous ne sommes qu’un tas de neutrons et de protons, c’est nier l’immortalité de l’âme que le philosophe Platon reconnaissait –
Que notre planète peut nourrir des milliards d’individus, cela enlève aux avorteurs une des principales raisons de leurs avortements à volonté.
Rien de plus juste que d’user de morale avant de faire de la science. La loi divine, la loi naturelle doit être au-dessus de la loi civile.
Il faut reconnaître que le professeur Jacquard est un grand humaniste, il ne lui reste qu’à être un grand chrétien.
« La démocratie a totalement contaminé la culture. C’est un torrent de boue qui a emporté les barrières posées par notre civilisation gréco-romaine et chrétienne, suivie d’intelligence et de beauté.
L’origine de cette prétendue culture, c’est cette perversion qui veut ériger l’homme en Dieu pour établir la DÉMONcratie universelle. »
C’est la mort de la foi en Dieu.
« À Dieu ne plaise que cela arrive » !
Carl Giasson m.d.