Francine Bellerose défendra les idées humanistes de Québec Solidaire.
(Photo: Martin Alarie)
Des idées de gauche dans la campagne
«Ce serait un miracle!» Francine Bellerose sait qu'elle n'a aucune chance de l'emporter, mais elle s'engage au nom de l'égalité sociale.
Les partis québécois traditionnels ne répondent plus à ses attentes, car ils se sont trop éloignés de ses valeurs. Des valeurs de gauche qu'elle n'a trouvées nulle part ailleurs qu'à Québec Solidaire. Elle prône un rôle accru de l'État, une fiscalité plus équitable et plus responsable, en augmentant le nombre de paliers d'imposition d'abord, pour permettre aux plus pauvres de payer des impôts en adéquation avec leurs revenus, et ensuite en interdisant à la Caisse de dépôt et de placement du Québec d'investir l'argent du contribuable dans des projets privés qui ne sont pas acceptables écologiquement parlant. Elle milite également pour que le Québec soutienne le commerce équitable et l'agriculture biologique, plutôt que l'agriculture ayant recours à des pesticides.
solidarité
Francine Bellerose ne prononce jamais le mot «électeur». Elle sait que le comté de Chomedey, bastion libéral depuis une trentaine d'année, est perdu d'avance. Alors pourquoi s'investir? «Pour permettre aux gens qui, comme moi, veulent davantage de solidarité sociale et communautaire, ça passe également par un système de santé public, et entièrement public», affirme-t-elle. Elle s'emporte quand elle évoque la volonté de ses opposants politiques de privatiser le système, «ils veulent toujours minimiser l'intervention de l'État mais étonnamment, lorsqu'arrive une crise financière qui touche les plus nantis, c'est l'État qu'on appelle au secours». Elle pense que c'est l'occasion pour les groupes communautaires de s'exprimer et reconnait que sa candidature aidera au financement public de Québec Solidaire, puisque chaque vote se traduit en subvention.
Enjeux
«Je ne suis pas très à l'aise avec les problèmes locaux», reconnaît Madame Bellerose, qui est responsable des enjeux économiques et fiscaux dans son parti. Elle est plutôt encline à développer des idées pour la politique nationale du Québec. D'ailleurs, elle ne se sent pas particulièrement bien à Laval. «Je ne comprends pas le développement de la ville, c'est trop anarchique, il y a de grandes artères routières, d'innombrables projets immobiliers, sans compter que les promoteurs lorgnent maintenant sur les milieux humides, ça, ça va être un vrai enjeu local», dit-elle. La candidate de Québec solidaire prévient qu'elle s'opposera à la construction de l'Autoroute A25, «parce que nous, ce que nous souhaitons, c'est favoriser le transport en commun». Et puis à défaut d'être élue, elle mise beaucoup d'espoir sur les deux porte-paroles du mouvement, Amir Khadir et Françoise David, «Il faut qu'ils entrent à l'Assemblée nationale!»