Jean Charest devant un parterre de plus de 300 personnes rassemblées au Sheraton Laval, jeudi midi.
(Photo: Martin Alarie)
Jean Charest séduit les gens d'affaires
Seul chef des partis représentés à l'Assemblée nationale à avoir accepté de livrer son programme économique devant les gens d'affaires lavallois, le premier ministre Jean Charest a reçu deux ovations debout plutôt qu'une, la seconde nettement plus nourrie que la première, plus polie.
Après avoir rappelé en rafale les récentes réalisations de son gouvernement dans la région, M. Charest est entré dans le vif du sujet, rappelant «la tempête économique qui s'annonce et se confirme chaque jour».
«C'est dans ce contexte qu'on a voulu ce débat», a-t-il dit, réaffirmant la nécessité de compter sur une stabilité politique en période d'instabilité économique.
Emplois
Le plan économique qu'il propose est essentiellement axé sur l'emploi, tant dans le maintien des postes existants que dans la création d'emplois.
Déjà, son gouvernement avait senti venir le vent, en jetant les bases d'un plan d'infrastructures de 37 G$ sur trois ans, soutient-il. «Ce budget a été haussé à 41 milliards, dont 12,4 milliards sont investis cette année, ce qui contribue à mettre 100 000 Québécois au travail». En 2008 et 2009, l'enveloppe annuelle sera bonifiée d'un milliard additionnel.
Le chef du Parti libéral a aussi fait mention de son plan d'aide à la rénovation domiciliaire, qui tient en un crédit d'impôts de 2500 $, critiquant au passage «le programme d'endettement hypothécaire que proposent le PQ et l'ADQ». À cet égard, il rappelle que la crise américaine des subprimes est à l'origine de l'effondrement des marchés mondiaux et que c'est «l'erreur à éviter».
Au chapitre des mesures visant les prestataires d'assistance sociale, Jean Charest a évoqué le Pacte régional pour l'emploi, qui propose notamment de hausser de 200 $ par mois les contributions versées aux gens vivant depuis au moins trois ans de l'assistance sociale, qui accepteront de se préparer en vue d'un retour au travail. Afin de les encourager à persévérer une fois qu'ils auront réintégré le marché de l'emploi, ils conserveront cette prime pour leur première année d'embauche.
Il veut aussi modifier la Loi de l'assurance-chômage, afin de prolonger la période des versements pour ceux inscrits à un programme de formation.
Quant à l'accès aux capitaux, de plus en plus difficile en période de crise, Jean Charest promet l'injection d'un milliard additionnel dans les coffres de la Société générale de financement (SGF) et d'Investissement Québec, qui serviront à financer des prêts et des garanties de prêt.
Nouvel espace économique
Par ailleurs, le premier ministre a fait grand cas de la création d'un nouvel espace économique pour le Québec qui s'articule autour de cinq grands projets.
L'entente Québec-France, favorisant la mobilité de la main-d'œuvre et la reconnaissance des compétences avec nos cousins, donne le ton à cette ouverture sur les marchés extérieurs. Une entente historique qui pourrait servir de modèle en vue d'un éventuel «accord transatlantique avec l'Union européenne», a lancé M. Charest qui est à négocier la création d'une zone commerciale avec l'Ontario. «Cette entente susciterait la quatrième plus importante économie régionale en Amérique du Nord, après la Californie, le Texas et l'État de New York.»
Selon le même principe, le plan économique de Parti libéral table, pour 2009, sur une entente qui favoriserait la mobilité des travailleurs canadiens d'un océan à l'autre.