Audrey Boisvert fonce à nouveau.
(Photo:Martin Alarie)
Du soccer à Québec solidaire
Audrey Boisvert, candidate dans Vimont
Elle avait récolté 16% des voix contre le maire Vaillancourt aux élections de 2005. Elle n’avait que 18 ans. Trois ans plus tard, Audrey Boisvert replonge dans l’arène électorale.
À l’époque, personne n’osait affronter le maire. La démocratie était en jeu, disaient certains. Audrey est montée au front. «Je voulais au moins donner une alternative aux gens de Laval», explique-t-elle. Depuis, il ne se passe pas une semaine sans que quelqu’un lui lance: «Mais tu es la fille qui s’est présentée contre le maire!»
Qu’en pense-t-elle? «J’ai l’impression d’avoir allumé quelque chose. En tout cas, j’ai marqué l’imaginaire collectif», dit-elle. Pas une seule fois durant l’entrevue elle donne l’impression de vouloir surfer sur cette vague de sympathie, au contraire! «Maintenant, je sais c’est quoi faire de la politique. Je n’ai jamais été aussi stressée de ma vie!»
Alors, pourquoi revenir dans l’arène électorale, à 21 ans? «Parce que les valeurs de Québec Solidaire et les miennes se recoupent! Si ce parti-là n’avait pas existé, je crois que je l’aurais inventé avec des amis! Je me reconnais tellement dans leur programme! La protection de l’environnement, la souveraineté alimentaire, la valorisation du transport en commun, l’étiquetage des OGM.»
Pas surprenant qu’Audrey ait des atomes crochus avec Québec solidaire, elle qui étudie en travail social à l’Université de Montréal. «Je suis très sensible aux problèmes des moins nantis comme la pauvreté et la condition des familles monoparentales. Manon Massé, coordonnatrice au Centre des femmes de Laval, est une femme qui m’inspire beaucoup. Elle est chaleureuse, honnête et elle sait de quoi elle parle!»
Audrey se sent tellement chez elle chez Québec solidaire qu’elle veut aller donner un coup de main à Françoise David et Amir Khadir dans leurs comtés respectifs. «Nous devons absolument faire élire au moins un député, c’est important.»
La piqûre
La famille d’Audrey n’est nullement politisée. «Mon père refusait de me dire pour qui il votait, raconte-t-elle. Par contre, je me suis toujours engagée dans l’action communautaire, à l’école ou ailleurs. Lorsque j’étais arbitre au soccer, j’ai appris à écouter, à expliquer, à échanger, à me construire un argumentaire. Puis, la grève dans les cégeps en 2005 m’a réveillée face aux enjeux de la société. J’ai dormi au cégep pendant dix jours. J’étais fascinée par la mobilisation générale. Et j’aimais échanger avec les autres.»
Partir
Audrey ne se fait pas d’illusion sur l’issue du scrutin, le 8 décembre. A moins qu’un miracle ne la propulse députée, elle entend terminer ses études puis…partir! «J’aimerais voyager, cinq ans au moins, et visiter des pays au modèle social exemplaire comme la Suède et le Danemark, et échanger avec les gens. Je ne possède pas la vérité encore! Donc j’échange! Je veux élargir mon ouverture sur le monde.»
Mais si tu gagnais le 8 décembre Audrey, quel serait ton premier engagement? «Écouter ce que les gens ont à dire, puis protéger les berges et le boisé de l’Équerre!»