«Le gouvernement ne peut assumer à lui seul les coûts d'une telle structure. C'est essentiel que les gens d'affaires s'impliquent, comme ici», a mentionné le ministre de la Santé, Yves Bolduc.
(Photo:Maya – alarie photo)
Mourir dans la dignité
Première maison de soins palliatifs à Laval
Au Québec, moins de 8 % des personnes en fin de vie meurent loin de leur région. À Laval, cette proportion passe à près de 40 %, faute de lits disponibles. Dès le printemps prochain, une première maison de soins palliatifs offrira gratuitement 12 lits aux malades en phase terminale pour les aider à passer leurs dernières heures dans le calme, entourés de leurs proches.
«Le meilleur endroit pour mourir, c'est dans un endroit comme celui-là», a déclaré avec conviction le ministre de la Santé, Yves Bolduc, devant celles et ceux qui ont contribué, durant les huit dernières années, à donner vie à l'ambitieux projet de la Maison des Soins palliatifs de Laval (MSPL). Ceux-ci s’étaient donné rendez-vous, lundi soir, à l'hôtel Sheraton, pour trinquer à l'avancée des travaux.
D'après le président de la MSPL, Robert Hayes, «il y a une vingtaine d'établissements dédiés aux soins palliatifs dans tout le Québec, mais rien à Laval. Ce sera l'une des plus importantes structures spécialisées de la province avec douze lits et la première à être construite en respectant les nouvelles normes environnementales. Elle sera d'ailleurs certifiée éco-responsable et éco-énergétique. «L'isolation sera parfaite et les résidents bénéficieront d'un chauffage radiant au sol», a notamment précisé le directeur général, Jessy Savaria. La première pelletée de terre a eu lieu le 5 septembre dernier et, sauf imprévus, la maison sera livrée fin mars, alors que les premiers résidents seront accueillis en mai ou en juin.
Campagne de financement
Comme l'a rappelé Yves Bolduc, «le gouvernement ne peut pas assumer à lui seul les coups d'une telle structure. C'est essentiel que les gens d'affaires s'impliquent, comme ici». La Maison des soins palliatifs de Laval sera essentiellement financée par des dons.
Le terrain acquis à Saint-Vincent-de-Paul, au bord de la rivière des Prairies, a été acheté par les quatre fondateurs de la compagnie Couche-Tard, tandis que l'intégralité de la construction a été rendue possible par une campagne de levées de fonds. Lundi soir, Bell, les Caisses Desjardins de Laval et le groupe Montoni, par ailleurs maître-d'œuvre des travaux, ont chacun remis un chèque de 100 000$ à l'organisme à but non lucratif.
Calme et sérénité
«Toutes nos chambres seront orientées vers la rivière et la lumière. Ici, pas de long corridor comme dans les hôpitaux ou les hôtels, seulement de petits couloirs, on a voulu que cela ressemble le plus possible à une vraie maison, avec le confort, la sérénité et une ambiance chaleureuse. Le malade sera chez lui, il y fera tout ce qu'il voudra, se promener, écouter de la musique, il pourra apporter ses meubles s'il le désire», explique Robert Hayes.
Tout cela passe évidemment par l'accompagnement dans la mort, «les membres de la famille pourront rester près de lui jusqu'au bout. Une maison a été prévue pour les accueillir, mais ils pourront s'ils le souhaitent dormir près de lui».
Ne viendront à la Maison des soins palliatifs que les gens qui en feront la demande, étant entendu qu'il ne sera jamais question de guérison. Au Québec, un malade pris en charge par une unité de soins palliatifs survit pendant 18 jours en moyenne.
Une maison de 4,2 M$
Le coût de la maison s'élève à 4,2 M$. L'Agence de la Santé et des Services sociaux de Laval a offert une subvention de 200 000$ qui permettra de recruter et de payer le personnel soignant. Le coût d'un lit ayant été, par ailleurs, estimé entre 135 et 140 000$ par année, l'Agence a également garanti de débloquer 60 000 $ par lit. Les 900 000$ feront l'objet de nouveaux appels aux dons.