Marie-Ève Marleau a décidé d'accrocher son maillot.
(Photo: Martin Alarie)
La plongeuse Marie-Ève Marleau tire sa révérence
L’athlète de 26 ans voulait finir sur une bonne note
L’heure de la retraite a sonné pour la plongeuse lavalloise Marie-Ève Marleau, le 26 novembre dernier.
L’athlète de 26 ans y songeait depuis plus d’un an. «J’ai atteint mon objectif de participer aux Jeux olympiques. J’ai pris ma décision au retour de la Chine. J’ai connu une belle carrière», a-t-elle avoué dans une entrevue accordée au Courrier Laval.
La Lavalloise ne cache pas qu’elle a pris sa décision au bon moment. «Avec ma septième place à la tour aux Jeux, je voulais finir cela en beauté. J’ai connu ma meilleure performance à vie à ma seule participation aux Jeux olympiques», a ajouté celle qui est membre de l'équipe canadienne de plongeon depuis 2002.
Elle a atteint le point culminant de sa carrière aux Jeux olympiques de Pékin, arrachant la 17e place des qualifications. Par la suite, elle a surpris tout le monde en prenant la 7e place en demi-finale, pour se qualifier pour la finale. Elle a pu conserver la septième position au terme de ses cinq plongeons. «Je me suis même qualifiée de justesse pour la demi-finale. J'ai livré la marchandise en demi-finale.»
Si elle a dignement représenté le Canada en prenant part à l'épreuve individuelle à la tour de 10 mètres aux Jeux de Pékin, c’est au tremplin synchronisé qu’on attendait la présence de Marie-Ève en compagnie de sa partenaire Émilie Heymans. Le duo a d’ailleurs remporté 15 médailles à l'épreuve du 10 mètres synchro sur la scène internationale, quatre d'or, six d'argent et cinq de bronze. Le tandem a raflé l'or dans cette discipline aux Jeux panaméricains de 2003 et 2007.
«J'avais le cœur gros lorsque je regardais les épreuves de synchro à Pékin, car nous (moi et Émilie) étions les favorites au Canada. J’étais très émotive durant les Jeux. J’en ai pleuré un coup: quand Alex a gagné sa médaille, quand Émilie a gagné sa médaille, quand j’ai bien performé», a-t-elle souligné.
Changement d'attitude en 2006
Pourquoi avoir connu ses meilleurs moments en fin de carrière? La principale intéressée explique qu'elle a dû faire un remaniement sportif et académique de son train de vie en 2006, après une saison post-olympique laborieuse et démotivante. «Je devais atteindre un certain équilibre. Je ne me mettais plus de pression à l’entraînement. La maturité en plongeon m'a aidée», a-t-elle soutenu.
Parmi les changements, elle a emménagé avec sa très bonne amie et escrimeuse Sandra Sassine. «Nous nous sommes soutenues.» Elle a également ralenti la cadence académique pour concentrer ses énergies dans le sport, poursuivant ainsi son baccalauréat en marketing à temps partiel.
Meilleur moment
Sa médaille d'or à la tour féminine de 10 mètres lors de la sélection canadienne, en avril 2007, en prévision des Jeux panaméricains, figure parmi les meilleurs moments de sa carrière. Elle avait alors devancé l'ancienne championne du monde Émilie Heymans (713,65 points).
Marie-Ève n'a pas caché qu'elle devait une grande partie de ses succès à son entraîneur des premières heures, César Henderson. «Je suis fière d'avoir gardé une stabilité avec mon entraîneur. Nous avions une belle complicité. Il avait confiance en moi. Une relation d'amitié s'est développée. Nous avions du plaisir aux entraînements.»
Toutefois, sa plus grande fierté est d’être une Olympienne pour le reste de ses jours. Elle s’est dite honorée d’avoir participé à une cérémonie civique à l’hôtel de Ville, le 26 novembre dernier. «Être honorée par Ville de Laval, c’est la cerise sur le sundae. Ce fut une belle surprise de recevoir une bourse», a-t-elle conclu.
Résumé de carrière
Début 16 ans
>Or aux Jeux panaméricains de Saint-Domingue en 2003 au 10 m synchro
>Or aux Jeux panaméricains de Rio de Janeiro en 2007 au 10 m synchro
>Championne des Séries mondiales de la FINA au 10 m synchro en 2008 avec Émilie Heymans
>Athlète féminine de l’année par Plongeon Canada en 2007