Francine Charbonneau triomphante à son local électoral, lundi soir.
(Photo: Martin Alarie)
«Je veux faire [mon cours] député 101»
Francine Charbonneau fait son entrée à l'Assemblée nationale
Francine Charbonneau est «fière et heureuse» de troquer son poste de commissaire et de présidente de la Commission scolaire de Laval pour le siège de députée des Mille-Îles, à l'Assemblée nationale, mais ne convoite aucunement le conseil des ministres, affirmait-elle d'emblée peu de temps après son élection.
«Je veux faire [mon cours] député 101», imageait dans le jargon scolaire Mme Charbonneau, soucieuse de bien exercer son nouveau rôle auprès de ses commettants du comté pour son premier terme.
Elle reconnaît n'avoir jamais rien pris pour acquis. «J'ai eu un doute toute la journée; même que je croyais que ce serait beaucoup plus serré que ça», a-t-elle laissé tomber au sujet de sa majorité de 3210 voix, balançant l'encensoir à l'endroit de son rival péquiste Donato Centomo, qu'elle dépeint comme «un homme de grande valeur».
Déçue du taux de participation de 60 % des électeurs de son comté? «Difficile pour moi de parler de déception ce soir, mais c'est sûr que j'aurais aimé une participation à plus de 70 %. Tout avait été mis en place pour favoriser le vote», a indiqué la nouvelle députée libérale, faisant valoir les cinq journées supplémentaires que le DGE avait ajoutées pour le vote par anticipation.
Autres réactions
Bon deuxième, le candidat du Parti québécois, Donato Centomo, semblait satisfait de sa performance, lui qui a obtenu 36,6 % du suffrage exprimé. «On a consolidé le vote péquiste», a-t-il lancé d'entrée de jeu.
«J'ai fait mon entrée en campagne au jour 8», rappelant la soirée d'investiture tardive pour quatre des cinq candidats péquistes de la région. «J'ai pas eu le temps de me faire connaître», a poursuivi celui qui a tout de même récolté 12 124 votes des 33 000 bulletins validés. «Dès demain [mardi], je retourne à mon bureau d'aide juridique», s'est-il résigné.
Quant au porte-couleurs de l'ADQ, Pierre Tremblay, il parle d'un «affront à la démocratie», alors que les électeurs [des sympathisants adéquistes pour la grande majorité] sont restés à la maison. Malgré qu'ils étaient 1108 électeurs de plus sur les listes électorales, au final, ce sont plus de 8000 bulletins en moins qui ont été déposés dans les boîtes de scrutin.
«Le Parti libéral [- 644 votes] et le Parti québécois [+ 965 votes] se sont à peu près maintenus au niveau de 2007», fait-il remarquer avec justesse, les deux vieux partis n'ayant totalisé que 321 voix de plus qu'aux dernières élections.
Se disant «extrêmement déçu» des Québécois qui ont boudé leur devoir, il s'explique très mal qu'ils puissent «attendre en ligne 20 minutes aux pompes pour sauver 5 cent sur le litre d'essence, mais pas capables de prendre 15 minutes pour aller voter». Pierre Tremblay, qui a perdu 7742 voix par rapport à sa performance de 2007, estime que, plus que l'ADQ, le Québec est le grand perdant du scrutin de lundi soir. «J'ai l'impression qu'on va payer pour au cours des prochaines années», termine celui qui a décidé de tirer un trait sur sa carrière politique, tout en restant membre du parti.