Le député de Vimont, Vincent Auclair (au centre) entame son troisième mandat.
(Photo: Martin Alarie)
Vimont tourne le dos au candidat-vedette de l'ADQ
Pierre Brien, candidat adéquiste dans Vimont, a mordu la poussière comme les autres représentants de sa formation politique à Laval, alors que Vincent Auclair a assis sa victoire sur une majorité plus confortable qu'en 2007.
Sa feuille de route impressionnante n'a pas su faire la différence. Pierre Brien, député bloquiste à Ottawa de 1993 à 2003, conseiller de Mario Dumont et directeur de cabinet de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale de 2007 à 2008 n'a même pas obtenu le meilleur score de son parti sur le territoire lavallois, avec 11, 6% des suffrages.
C'est le candidat adéquiste de Fabre, Tom Pentefountas, qui a engrangé la plus grande proportion de votes de l'ADQ à Laval: 11,9% des votes.
Message
Vimont reprend donc son visage d'avant la vague adéquiste de 2007, avec une distribution des votes similaire à celle observée à l'élection de 2003.
Vincent Auclair entame son troisième mandat avec 47,8% des voix, Rachel Demers, candidate du PQ, suit derrière avec 36,11% des votes. Audrey Boisvert, de Québec solidaire, n'a récolté qu'un maigre 4,5%.
«En 2007, la vague de l'ADQ a été un arrêt, un message que les gens nous lançaient. En un an et demi, on a accompli des gestes concrets.»
Selon le député réélu, 90% des intentions de vote sont basées sur le chef d'un parti. Le fait que Jean Charest ait été «plus à l'écoute» au cours de son dernier mandat, a eu un impact, analyse-t-il.
Harper à la rescousse
Quoiqu'un grand nombre d'électeurs ait renoncé à voter cette fois-ci, le Parti québécois semble avoir mis la main sur une partie du vote adéquiste laissée en plan, en allant chercher plus de mille votes supplémentaires, par rapport à 2007.
«Je n'avais pas d'attentes», dit Rachel Demers, candidate du PQ dans Vimont, qui estime que les résultats de l'élection sont une victoire pour sa formation politique.
Est-ce qu'une campagne un peu plus agressive n'aurait pas pu faire basculer le résultat dans quelques circonscriptions lavalloises? Selon Mme Demers, le manque de financement, les équipes inexpérimentées et l'entrée dans la course régionale avec une semaine de retard n'ont pas aidé.
De son côté, Vincent Auclair est d'avis que la saga politique à Ottawa a profité au parti souverainiste. «Je suis fédéraliste, et je n'aime pas entendre des attaques gratuites contre le Québec. J'imagine l'effet que ça a eu chez les citoyens. Je crois que ça nous a coûté des votes.»