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Favoriser l’intégration des femmes immigrantes

par Nicolas Fréret
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Article mis en ligne le 16 décembre 2008 à 15:29
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Favoriser l’intégration des femmes immigrantes
Le Carrefour d'intercultures a récemment reçu un chèque de 33 651 $ du ministère de l’Immigration pour favoriser la réussite de son Programme d'intégration sociale des femmes immigrantes de Laval.
La subvention a été accordée pour la troisième année consécutive. Elle répond à des besoins clairement identifiés qui perdurent. «Il y a, à Laval, des mères qui se retrouvent isolées, qui ne sortent pas de chez elles, soit pour des raisons culturelles ou religieuses, soit parce qu'elles s'occupent de la maison et de l'éducation des enfants sans participer à la vie sociale», explique Michel Bury, de la direction régionale d'Immigration Québec. «Il faut donc aller les chercher.»
C'est là qu'intervient le Carrefour d'intercultures, parce que le Ministère ne peut pas, à lui seul, assurer l'intégration des nouveaux arrivants. Le programme spécifique offre une initiation de base au français, le minimum pour commencer à communiquer, «à raison de quatre heures de cours par jour, pendant 11 semaines. C'est seulement ensuite qu'elles pourront suivre les cours de francisation» proposés par le gouvernement québécois. À cela s'ajoute une série d'ateliers pour permettre à ces femmes de découvrir ou de mieux connaître la ville et la vie démocratique. Il y a, notamment, une visite de la ville de Laval et des quartiers de Chomedey et de Sainte Dorothée où elles résident le plus souvent. Un service de garderie est assuré pendant ce temps-là. Et ça marche! L'an passé, 27 femmes sont sorties de leur isolement, souligne Michel Bury.
«Aider les gens, c'est déjà une réussite»
Adriana est intervenante sociale au Carrefour depuis 13 ans. Elle cristallise en elle tout ce que représente l'association. Elle a été, elle aussi, un jour, une nouvelle arrivante. Elle a quitté Bucarest avec deux valises, son mari et son jeune garçon pour venir chercher une vie meilleure au Québec. Elle s'est intégrée et a reconstruit sa vie de famille à Laval, où elle apporte maintenant son expérience et son soutien aux jeunes immigrants et aux réfugiés politiques.
«Lorsque je me suis installée à Laval, je parlais un peu le français, mais pas bien, j'ai donc suivi des cours de francisation au Carrefour, tous les jours, pendant trois mois.» Mais Adriana ne s'est pas arrêtée là, elle a ensuite appris la bureautique, elle est devenue réceptionniste au sein de l'association avant de monter les échelons pour intégrer l'équipe sur le terrain. Elle est également allée à l'université pour suivre des formations en lien avec le milieu social. «Je suis heureuse aujourd'hui, aider les gens m'apporte beaucoup de satisfaction. Je sais ce qu'ils ont vécu, je suis passée par toutes les étapes, je sais ce que c'est que de recommencer complètement une nouvelle vie», dit-elle.

Elle assure que ce n'est pas si facile de s'intégrer. «Ça dépend souvent des attentes que l'on a. Or certains pensent qu'ils auront tout, tout de suite. Les organismes communautaires sont, en sens, essentiels parce que les personnes immigrantes ne connaissent pas le système et il faut des moyens pour les aider à l'apprivoiser.»

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