Les bénévoles de La Soupière réchauffent le cœur et l'estomac de leur clientèle démunie, depuis une quinzaine d'année, au sous-sol de l'église Sainte-Rose.
(Photo: Martin Alarie)
Âmes en peine, estomacs vides
Deux fois par semaine, Liette Massé sert des repas au sous-sol de l'église Sainte-Rose. Un rendez-vous attendu avec de plus fébrilité, par une clientèle de plus en plus démunie.
«Un monsieur est venu, ce matin. Un monsieur qui vient régulièrement. Il avait les souliers percés. J'ai appelé mon fils -- Stéphane Massé -- un pompier de Montréal. Il lui a donné ses souliers, et il est reparti en pieds de bas.»
Liette Massé a été témoin de cette scène le 3 novembre. Elle qui sert des repas à La Soupière depuis 12 ans n'a pas hésité longtemps avant de téléphoner au journal pour la raconter. «Ça m'a touchée de voir ça.»
Plus démunis
Mme Massé, présidente bénévole de La Soupière, a dénoté un changement, chez sa clientèle, depuis six mois. «Des gens viennent plus souvent. Ils sont plus démunis. Démunis ne veut pas toujours dire "faim". Ils ont aussi un mal de vivre.»
Les augmentations des loyers et de la nourriture y sont pour quelque chose, croit-elle. Les gens qui se présentent à 10h15, les lundis et mercredis, lorsque les portes de la salle à manger ouvrent, vivent souvent une perte d'emploi. «Ils souffrent de l'isolement, ils ont perdu confiance.»
Les bénévoles de La Soupière sont au poste depuis 15 ans, à Sainte-Rose. Ils tiennent le fort grâce à des cueillettes de fonds, le financement du député du coin, la Société Saint-Vincent-de-Paul et les victuailles de Moisson Laval, géré par le Centre de bénévolat de Laval.
Chaque semaine, 80 repas sont servis. À la fin de l'année, en comptant les semaines de fermeture, c'est 3200 moments de réconfort que des bénévoles offrent à des âmes en peine.
Plus de demandes
L'urgence perçue à La Soupière se fait également remarquer au Centre de bénévolat de Laval. «On a de plus en plus de demandes», au comptoir alimentaire du Centre, dit Kathleen Gagnon, directrice générale. Le Centre fournit des denrées à 52 organismes, dont La Soupière.
Fait à noter: des gens qui travaillent se présentent de plus en plus au comptoir alimentaire du Centre. Jusqu'en août dernier, le comptoir recevait la visite d'une centaine de familles par mois, en moyenne. Depuis, le comptoir dessert mensuellement 20 à 25 familles de plus.