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La faillite est la meilleure solution

Benoit Charette par Benoit Charette
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Article mis en ligne le 18 décembre 2008 à 16:30
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La faillite est la meilleure solution
Je sais que ma position risque de déplaire à plusieurs et que tout ou presque a été tenté pour sauver l’industrie automobile Américaine. Mais même avec un fond d’urgence de quelques milliards, cela me semble hautement insuffisant pour sortie GM et Chrysler de l’impasse. Au-delà des nombreuses pertes d’emploi qui ont déjà commencé et qui vont se poursuivre encore pour plusieurs mois, bien des gens affirment que les consommateurs n’achèteront pas d’une compagnie en faillite. Ces gens ont peut-être raison, mais regardons la situation de plus près. L’économie est tellement mal-en-point en ce moment que bien des gens ont simplement remis à beaucoup plus tard l’achat d’un véhicule. Il faut également admettre que le travail à faire pour remettre GM sur pied est tellement colossal que le seul endroit pour faire ce ménage est à l’abri du chapitre 11 sur la loi des faillites. GM se place ainsi à l’abri de ses créanciers et se soustrait à toutes ses obligations. Je le sais, cela peut paraître odieux, mais il faut garder une chose en tête, le temps presse. GM a déjà présenté, il y a deux semaines, un plan de restructuration au congrès américain qui prévoit couper sa dette de moitié, éliminé quatre de ses huit divisions, entre 1 700 et 6 350 concessions automobiles et des dizaines de milliers d’emplois. En théorie, tout cela est bien joli, mais en réalité dans un climat tapissé de lobbyiste, de syndiqué entêté et de déchirement de toute part pour tirer la couverte de son côté, le dialogue risque d’être long et même très long, surtout que le gouvernement américain se garde un rôle de tutelle qui va sans contredit mettre du sable dans l’engrenage. On sait tous à quelle vitesse la politique règle ses problèmes et comme tous les groupes voudrant protéger leurs intérêts nous n’en verront pas la fin.
Prenons seulement l’exemple des concessionnaires. Comment un tribunal et le gouvernement arriveront à trancher sur ceux qui vont partir ou rester. Il y aura une guerre d’avocats sans fin pour déterminer la légitimité de chaque concession. Il y a plus de 12 000 concessions GM aux Etats-Unis seulement. En se plaçant à l’abri de ses créanciers, cela permettrait à GM de présenter la liste de ses demandes et de convaincre un juges et ses créanciers qu’il propose la meilleure solution. Si cette cause va dans l’arène politique, cela signifie non seulement que les débats seront interminables, mais de surcroît les médias vont en faire leur chou gras et la publicité négative va se poursuivre pendant des mois. Pendant ce temps, les autres manufacturiers Japonais et Européens continueront de gruger du terrain pendant que GM et Chrysler vont poursuivre leur guerre intestine.
Il faut dans ce cas-ci voir son l’insolvabilité comme une opportunité et non un désastre. Il s’agit à mon avis de la seule manière de faire les choses vite et bien pour se remettre en selle le plus rapidement possible. Les dirigeants de GM disent depuis trop longtemps qu’il faut réduire la taille de la compagnie, diminuer la dette et ramener le réseau de concessionnaires à une taille plus réaliste. La loi sur les faillites offre la chance de faire un vrai ménage à l’abri des groupes de pression.
Il y a bien sûr des risques à se placer sous la protection de la loi sur les faillites. GM et Chrysler manque cruellement de fond et une exposition prolongée serait très difficile financièrement et pourrait même mené à une faillite. Washington doit donc aider les constructeurs financièrement pour passer au travers cette période difficile. Mais c’est un juge expérimenté, et non un groupe de politiciens, qui est le mieux placé pour remettre sur pied rapidement GM et Chrysler.
Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2009. Il anime également l’émission En Voiture tous les Samedis à 11 :00 sur les ondes du 98,5 FM de Montréal et le réseau Corus Québec ou via internet au www.985fm.ca

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Michel J. Grenier

Commentaire mis en ligne le 18 décembre 2008
Creuser sa propre tombe...

On discute beaucoup, depuis quelque temps, des 3 Grands de l'automobile qui se présentent à Washington et Ottawa, pour tenter d'obtenir des milliards de dollars pour leur venir en aide, à même les taxes des citoyens américains et, bientôt, canadiens, alors que la situation actuelle devient de plus en plus intenable pour eux.

GM, selon son président. M. Wagoneer, ne pourrait plus opérer que pour quelques mois, et se retouverait alors à court de liquidités.

Je trouve curieux que les mêmes trois Grands ont fait énormément de lobbying auprès du Gouvernement américain, il y a seulement quelques années, afin de ne pas changer leurs modèles pour des automobiles à faible consommation de carburant.

Ils sont à genoux, présentement, pour que les citoyens, payeurs de taxes, leur viennent en aide, par l'intermédiaire de nos gouvernants.

Je me rappelle la fin des années '60, alors que la première annonce de "Datsun", à l'époque, a fait son apparition à la télévision.

Les Japonais ont fait rire d'eux par les constructeurs américains qui tentaient de faire croire aux consommateurs que l'arrivée des automobiles du Japon ne ferait pas long feu.

L'histoire nous a prouvé que les Japonais, puis les Coréens, et les Européens, se sont rapidement adaptés aux besoins et aux demandes de leurs clients, nous les consommateurs, qui les avons encouragés de plus en plus, et nous sommes graduellement détournés de compagnies arrogantes qui n'avaient jamais connu ce qu'était la véritable compétition.

Les pleurs des compagnies américaines, à l'heure actuelle, me laissent tout à fait indifférent et froid. En fait, les 3 Grands ont creusé eux-mêmes leur propre tombe.

Alors que les PDG des 3 Grands se ruent à Washington et Ottawa pour se faire aider à même nos taxes, ils continuent à se payer des millions de dollars en salaires, dans des sièges sociaux qui coûtent des fortunes, ainsi qu'à se promener en jets privés.

Les 3 Grands sont pris avec des salaires de $70 de l'heure, pour leurs employés, et des pensions payées à des milliers d'ex-travailleurs qui ne travaillent plus. Cela est au moins $20 de plus que leurs concurrents qui opèrent des usines aux USA et au Canada.

La véritable solution ne consiste pas, à mon avis, à prolonger la vie de GM, à coups de milliards de dollars, sous respirateur artificiel, pour quelques mois encore.

Non, la véritable solution consiste à placer ces compagnies sous la protection de la Loi des arrangements avec les créanciers, de foutre les têtes dirigeantes incompétentes dehors, et de les remplacer par des administrateurs compétents qui dégraisseront le tout et qui s'adapteront rapidement aux nouvelles réalités du marché, les désirs et besoins de leur clients, soit un kilométrage accru, une qualité égale ou supérieure aux voitures japonaises, coréennes et européennes, avec des voitures orientées vers la protection de l'environnement.

Si les 3 Grands ne font pas ça, ils sont voués à la faillite pure et simple, à plus ou moins court terme.

Quant à l'argument des pertes d'emploi et de la réaction en chaine sur les fournisseurs des 3 Grands, je ne crois pas que ça tienne vraiment la route.

En effet, si un ou tous les 3 Grands disparaissent, les fabricants asiatiques et européens, qui ont déjà des usines en Amérique du Nord, auront besoin de plus de pièces et d'employés.

Le marché se rééquilibrera après un certain temps de flottement.

Il ne faut pas oublier que, en finale, le consommateur est roi.

Michel J. Grenier

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