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Danielle Payette honorée par le Mouvement laïque québécois

Article mis en ligne le 9 janvier 2009 à 9:17
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Danielle Payette honorée par le Mouvement laïque québécois
Danielle Payette, récipiendaire 2008 du prix Condorcet-Dessaulles soulignant sa contribution à la promotion et à la défense de la laïcité au Québec. (Photo: Martin Alarie)
Militante à l’origine du jugement sur la prière à Laval
Danielle Payette honorée par le Mouvement laïque québécois
Le Mouvement laïque québécois (MLQ) décernait récemment le prix Condorcet-Dessaulles à Danielle Payette, une enseignante de Chomedey qui fut à l'origine du jugement sur la prière à Laval.
Le MLQ voulait ainsi souligner la «détermination exemplaire» de Mme Payette dans la longue lutte contre le conseil municipal de Ville de Laval pour y faire respecter le principe de la neutralité des institutions publiques.

Rappelons que dans un important jugement rendu en 2006 en faveur de cette mère de famille, le Tribunal des droits de la personne déclarait discriminatoire la récitation de la prière à l'ouverture des séances publiques du conseil et il ordonnait de cesser cette pratique.
Elle persiste et signe
«Mon geste a été motivé par une recherche de justice et d'égalité et au nom de la liberté de conscience», a déclaré Danielle Payette lors de son allocution, fière de voir son nom apparaître aux côtés de ceux des Henri Morgentaler, Daniel Baril, Pierre Bourgault, Louise Laurin et Jeannette Bertrand, récipiendaires du prix Condorcet-Dessaulles au cours des dernières années.

Déplorant que l'administration Vaillancourt ait dépensé près de 250 000 $ dans cette cause, en refusant de se plier à l'avis de la Commission des droits de la personne, ne manque-t-elle pas de souligner, Danielle Payette persiste et signe. «Je crois et j’ai toujours cru que la religion était une affaire privée, un choix personnel, et que nous n’avions pas à exposer nos croyances dans un lieu public et encore moins dans un espace étatique.»

Quant au président du MLQ, Henri Laberge, il a souligné qu'à l'heure où la Commission des droits de la personne abandonne les poursuites de même type dans d'autres municipalités, le Mouvement laïque veut rappeler l'importance de cette lutte pour la laïcité des institutions publiques. <@S2>(S.ST-A.)<@p>

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jean laporte

Commentaire mis en ligne le 25 janvier 2009
Bonsoir, Danielle est une amie d'enfance j'aimerais la rejoindre pour lui donner mes meilleurs voeux. Avez vous un email ou une adresse?

Merci

Wenju

Commentaire mis en ligne le 21 janvier 2009
Jean Tremblay, le maire de la ville-mal-nommée, ne récite pas de prière dans les assemblées privées qu'il préside. Seulement dans les assemblées publiques (selon Christian Joncas). Pourquoi? Parce qu'il a compris qu’il s’attirerait de la sympathie avec ça (et des votes).

Pourtant, le Christ a qualifié ceux qui prient en public, pour se faire voir, d'hypocrites (Matthieu, 6.5-8). Ne soyons donc pas plus chrétiens que le Christ, n'est-ce pas?

Carl Giasson m.d.

Commentaire mis en ligne le 19 janvier 2009
Réflexion sur la laïcité

D’après le principe de la laïcité, le christianisme est exclu de tout l’espace public et réduit le catholicisme à une affaire privée, et une croyance subjective et muette.

Le Pape Pie XI a dit : la peste de notre époque c’est le laïcisme.

L’Église catholique a sa mission divine d’enseigner les nations et de leur offrir les paroles et les sacrements du salut des âmes. – occulter la croix, prétendre qu’elle est un signe offensant la dignité humaine, c’est d’un laïcisme qui combat le religieux chrétien comme tel.

Le grand principe de la laïcité c’est la mixité généralisée. Ce sont les « droits de l’homme », le droit à l’avortement – l’éducation morale des enfants soumise à l’autorité de l’État.

Il faut choisir entre les droits de Dieu et les droits de l’homme – On ne dit plus cléricalisme mais intégrisme ou fondamentalisme, la religion qui reste opposée à la contraception artificielle, à l’avortement, à l’homosexualité et à l’ordination sacerdotale des femmes, ce n’est pas un manque d’intelligence mais un refus de la volonté.

Il n’y a plus de Dieu créateur, législateur et de fin dernière, c’est la loi civile qui prime sur la loi morale.

Au nom du principe de laïcité, c’est la démocratie des mœurs qui gouvernent les Etats.

Voilà ce que l’on peut dire de la laïcité – Elle conduit à l’athéisme – à une religion sans Dieu ou contre Dieu.
La laïcité devient le dogme directeur de toutes les religions existantes, c’est la mort de Dieu.


« Malheur à ceux qui nomment bien le mal,
Et mal le bien,
Et qui appellent les ténèbres Lumière
Et les Lumières ténèbres,
qui prétendent doux l’amer. » (Isaïe)

Carl Giasson m.d.

Patrice Garant

Commentaire mis en ligne le 12 janvier 2009

La prière au Conseil municipal et la Suprématie de Dieu*
Réponse à Madame Brigitte Breton (le Soleil. 12 janv. p. 22)
Je comprends votre compassion pour ces laïcisants que font de l'urticaire parce qu'on invoque Dieu au conseil municipal, une pratique culturelle qui remonte au milieu du XIX ième siècle, mais je m'insurge contre ceux qui s'acharnent à renier tout ce que nous avons comme tradition culturelle ou religieuse. Et je sympathise avec les élus de Laval, Saguenay et Trois-Rivières qui, en priant Dieu et lui demandant d'éclairer leurs délibérations, ont la conviction de tout simplement reconnaître la «suprématie de Dieu» et se conformer au texte même de la Constitution canadienne qui dans la Partie 1, intitulée Charte canadienne des droits et libertés, se lit ainsi: «Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit». Cette disposition du Préambule doit servir à interpréter les autres articles de la Charte, notamment l'art. 2 qui consacre «la liberté de conscience et de religion». Tout citoyen canadien qui invoque Dieu, qu'il soit maire, conseiller municipal ou simple contribuable s'inscrit normalement dans une démarche parfaitement légale. Que signifierait la Suprématie de Dieu dans la Constitution si dans les instituions publiques ou étatiques il était interdit même de mentionner ce Dieu ou de l'invoquer. Si la Constitution canadienne, à laquelle le Québec est soumis, proclame la Suprématie de Dieu c'est que ce principe correspond à une valeur culturelle fondatrice du Canada et aussi du Québec. C'est dans cet esprit qu'il faut comprendre, par exemple, le maintien du crucifix à l'Assemblée Nationale du Québec.

La Commission des droits de la personne a déjà écrit que la mention de la Suprématie de Dieu dans la Constitution n'avait qu'une «valeur symbolique» (Document de réflexion : la Charte et la prise en compte de la religion dans l’espace public , juin 2008). Cela signifie que si cette mention devait être prise au sérieux, elle serait inconstitutionnelle puisque non compatible avec d'autres dispositions de la Charte, notamment la liberté de conscience et de religion ( art. 2) et le droit à l'égalité (art. 15). C'est ce qu'a laissé entendre le Tribunal des droits de la personne dans sa décision Ville de Laval du 19 septembre 2006 (Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse c. Laval (Ville de), 2006 QCTDP 17), qui s'appuie sur un arrêt Freitag de la Cour d'appel d'Ontario de 1999 (Freitag v. Penetanguishene (Town), 1999 CanLII 3786 (ON C.A.)). Or dans aucun de ces arrêts il n'est fait mention de la clause de Suprématie de Dieu. Les savants magistrats ont-il volontairement ignoré cette disposition pourtant évidente? Est-ce que les avocats auraient omis de la plaider? Pourtant nul n'est censé ignorer la Loi, surtout la Loi constitutionnelle. On peut comprendre la consternation des élus municipaux de Laval, Saguenay, Trois-Rivières ou Penetanguishene qui se font reprocher d'affirmer cette Suprématie de Dieu.

A notre avis, l'erreur des savants magistrats qui ont eu à traiter de cette question est d'avoir procédé à l'envers du bon sens. Plutôt que d'interpréter la liberté de conscience et de religion et le droit à l'égalité en utilisant la clause interprétative du Préambule (Suprématie du Dieu et Primauté du droit), ils ont interprété ( du moins implicitement par leur silence) la clause de Suprématie de Dieu à partir des articles 2 et 15. Ils l'ont ainsi complètement vidé de son sens. La Cour suprême a déjà clairement décidé qu'on ne peut invoquer une disposition de la Constitution pour en invalider une autre. Notre régime de liberté de conscience s'inscrit dans un système constitutionnel qui reconnaît l'existence et la suprématie de Dieu; c'est un pré requis qu'on ne saurait occulter.

Les laïcisants qui voudraient instaurer dans notre société une neutralité absolue de l'État et des institutions publiques, une laïcité qui n'apparaît nulle part dans la Constitution, voudraient-ils aussi faire disparaître de l'espace public la Croix du Mont-Royal, les clochers des églises, renommer les avenues du Sacré-Cœur, du St-Sacrement ou les hôpitaux du Christ-Roi, de l'Enfant-Jésus, les villes de St-Rédempteur, de St-Sauveur, le cap Trinité… et supprimer tant d'autres manifestations du religieux dans le domaine public. L'argument de base retenu par les tribunaux en faveur des laïcissants est que ces personnes se sentent «inconfortables» lors que le maire et les conseillers se lèvent pour réciter la dite prière! Se sentent-elle «inconfortables» ou discriminées lorsqu'elles circulent dans l'avenue du Sacré-Cœur, habitent St-Rédempteur ou St-Sauveur ou l'Épiphanie ou St-Esprit ou L'Ascension de Notre Seigneur ou encore sont hospitalisées à l'Enfant-Jésus, à Sacré-Coeur ou à l'Hôtel-Dieu? La Commission accueillerait-elle une plainte pour violation de la liberté de conscience dans ces cas? Le Mouvement Laïque qui cherche à sortir la religion de l'espace publique y -a -il songé?.

Quant aux élus de Saguenay, Laval et Trois-Rivières qu'ils sachent qu'ils ne font pas cavaliers seuls puisque le Président de la République laïque par excellence, M. Sarkozy, dans son discours de Riyad le 14 janvier 2008, reconnaissait le: «Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme. Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère. Dieu qui est le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes. Dieu qui par-delà toutes les différences ne cesse de délivrer à tous les hommes un message d’humilité et d’amour, un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect». Il ajoutait: «… j’ai le devoir aussi de préserver l’héritage d’une longue histoire, d’une culture et, j’ose le mot, d’une civilisation. Et je ne connais pas de pays dont l’héritage, dont la culture, dont la civilisation n’aient pas de racines religieuses».


* Patrice Garant, professeur émérite, Université Laval

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