La chef péquiste juge sévèrement les libéraux de Jean Charest
En entrevue au Courrier Laval, la chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale a reproché au gouvernement Charest d’avoir perdu aux mains de l’Ontario le titre de capitale canadienne de la biotechnologie.
«Les libéraux ont réduit les crédits d’impôts à la recherche et ont cessé d’accompagner les entreprises», a dénoncé Pauline Marois, de telle sorte que «des projets dans le pipeline sont morts au feuilleton».
On se rappellera qu’en juin 2001, alors qu’elle était ministre des Finances, Mme Marois avait inauguré, à Laval, la Cité de la biotechnologie et de la santé humaine du grand Montréal, en dotant la région d’un statut fiscal unique au pays.
Capital de risque en manque
La leader péquiste a aussi évoqué le problème lié au capital de risque qui se fait trop rare au Québec, tenant en partie responsable à nouveau le gouvernement libéral qu’elle accuse d’avoir «liquidé» les Innovatech, ces sociétés publiques de capital de risque spécialisées dans la haute technologie.
«Il y a des choses viciées à la base des FIER», déclare-t-elle en parlant des Fonds d'intervention économique régionaux qui tiennent lieu d’Innovatech. Ces fonds de développement mixtes, impliquant des investissements du secteur privé, ne peuvent pas être aussi efficaces, patients et accessibles que des sociétés exclusivement constituées de fonds publics, affirme-t-elle.
Environnement
Quant au récent renoncement des libéraux à leur engagement de décréter une mise en réserve des trois grandes îles de l’archipel de Saint-François, Mme Marois s’en est encore pris au gouvernement Charest.
«C’est à l’image de ce qu’il a fait à travers tout le Québec, en ne respectant pas ses engagements électoraux», laisse-t-elle tomber, insistant pour dire que le patrimoine naturel est aussi important que le patrimoine bâti ou culturel.
Également questionnée sur la crise de confiance qui ébranle actuellement le Bureau des audiences publiques en environnement, Pauline Marois est d’avis que l’on «doit redonner au BAPE sa crédibilité». Incidemment, les rouages de cette institution publique seront au cœur du prochain congrès du Parti québécois, affirme celle qui se questionne à savoir si le président du BAPE ne devrait pas être élu par les deux tiers de l’Assemblée nationale, comme c’est le cas notamment pour le directeur général des élections (DGE) du Québec.