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L’agriculture agite le drapeau blanc

Nathalie Villeneuve par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 6 février 2010 à 10:26
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L’agriculture agite le drapeau blanc
Les nuages de poussière soulevés par les camions ignorent la frontière entre la zone agricole et industrielle, à Saint-François. La bataille contre la pression urbaine est perdue, dans ce secteur, estime l’agriculteur Normand Legault.
Dans le voisinage immédiat des terrains déboisés par l’homme d’affaires Jean-Guy Hamelin, des entreprises comme Ciment St-Laurent et la Société nationale de ferrailles (SNF) ont changé la donne depuis longtemps, constate M. Legault, membre de l’exécutif de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) Outaouais-Laurentides.
Partis
En 1995 et 2005, la Commission de la protection du territoire agricole du Québec a autorisé l’utilisation à des fins non agricoles de 455 291 m2 (45,5 ha) de terrains immédiatement à l’ouest des deux lots déboisés illégalement en octobre 2009.
Les deux demandes ont été formulées par SNF et Pièces d’Autos Kenny, deux entreprises affiliées qui étaient à l’époque la propriété des frères Jean-Guy et Bernard Hamelin. Deux autres frères, Herbert et Ronald Black, ont acquis les compagnies, en 2007.

«Autrefois, il y avait beaucoup de producteurs là. Beaucoup sont partis. Ce qu’il faudrait, c’est une bande de 100 mètres, une zone tampon», fait valoir M. Legault.
Pressions
Les difficultés de cohabitation étaient énoncées en 2004, dans le Projet de schéma d’aménagement révisé de Ville de Laval.
«Les développements résidentiel, commercial et industriel, ainsi que leurs effets spéculatifs, exercent des pressions sur la zone agricole permanente, notamment dans les secteurs limitrophes entre les usages urbains et agricoles, entraînant également certains problèmes de cohabitation (usage de pesticides, poussière, autres)», peut-on lire dans le document du Projet, toujours en attente d’adoption.

Il y est précisé qu’en 1997, la réglementation d’urbanisme a été revue, «en introduisant des zones tampons pour les nouveaux secteurs résidentiels contigus à la zone agricole». Force est de constater que le principe n’a pas été appliqué près du secteur industriel de Saint-François, déplore Normand Legault.
Choisir ses batailles
L’agriculteur admet toutefois que malgré le potentiel du secteur pour certaines cultures hâtives, le prolongement de l’autoroute 25 a créé une tendance irrésistible vers l’urbanisation.
«Ce secteur-là, au niveau agricole, ne sera plus jamais valorisé. On ne se battra pas bec et ongles, pour le sauver. On choisit nos batailles.» (N.V.)



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